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Les évenements du 2 et 3 février 2008

Le journal Le Parisien du 10 février 2008, a consacré un article sur Jeanpierre Burkhardt que voici :


TCHAD

« C’était effroyable, d’une violence extrême » Catherine Tardrew

(LP/Philippe  de Poulpiquet)

N’Djamena (Tchad) de notre envoyée spéciale.


« Les rebelles sont passés derrières chez nous quand ils sont entrés dans N’Djamena. Les combats ont commencé presque tout de suite.  Ca se battait là-bas, très violemment… » De la main, Jean-Pierre Burkhart, 60 ans, cheveux blancs, short et lunettes, visage bronzé et allure juvénile, indique la route qui passe derrière sa maison. Il n’a pas songé un instant à fuir.

Arrivé à moto au Tchad en 1969, ce fils de missionnaire protestant dirige, avec sa femme Monique, la maison d’enfants Béthanie, un orphelinat à quelques kilomètres de la capitale tchadienne. Le jour où la rébellion a fait irruption il y avait une soixantaine de bambins, âgés de quelques semaines à 7 ans. Ils n’étaient hier qu’une vingtaine, hauts comme trois pommes, soignés par Jean-Pierre, deux ou trois nousnous et un infirmier. Les autres femmes qui s’en occupent habituellement sont parties chez elles, dans le vacarme des armes lourdes, emmenant la plupart des petits, pour y attendre le retour du calme. « C’était plus sûr. Personne ne s’est affolé. Les enfants sont mieux avec elles que dans l’orphelinat, où je n’ai presque plus de personnel ». Jean-Pierre est resté. Il décrit, avec un calme imperturbable, les « événements ».

 » Les rebelles avaient une allure martiale, en treillis, le front ceint d’un bandeau blanc. L’ANT (armée nationale tchadienne) porte les mêmes mais jaunes « .  Ce samedi où les combats faisaient déjà rage, Jean-Pierre est quand même allé au centre ville pour tâcher de trouver du lait et de quoi manger pour les enfants. « On se battait surtout sur les grandes avenues, ça tirait dans tous les sens. Mais en passant par les petites rues j’étais à peu près tranquille. Ce jour-là j’ai eu l’impression que la rebellion avait gagné. A part aux abords de la présidence, protégée par les chars de Déby, il y en avait absolument partout. Ils étaient plutôt décontractés, installés comme chez eux. Aucune agressivité de leur part quand ils me voyaient passer ! « 
Plus que les combats, ce sont les scènes de pillage qui ont boulversé Jean-Pierre. Il assure que « ni les rebelles, ni les loyalistes n’ont saccagés ou volés quoi que ce soit ». Il n’a vu « que des civils » : « C’était effroyable, d’une violence extrême. Ils ont démonté les fenêtres de la Cour suprême. Ils en sont ressortis avec les ordinateurs, tout ce qui pouvait avoir un peu de valeur. J’ai vu des hommes émerger des habitations avec des armoires sur la tête, se mettre à deux pour emporter des machines à laver. Détruire tout ce qu’ils devaient laisser. »

Depuis la victoire de Déby, le bus de l’orphelinat a repris ses navettes quotidiennes, pour récupérer nounous et enfants, acheter l’indispensable. N’Djaména, quadrillé par les militaires tchadiens, panse ses plaies. Les gravats sont ramassés, les ordures brûlées. Restent des maisons éventrées, les traces toutes fraîchent des impacts sur les murs. Sur l’avenue du Général-de-Gaulle, le restaurant le Bistrot, la patisserie l’Amandine ont rouvert leurs portes. Et dans les rues, les Tchadiens respirent un peu.

CULTURE

Culture

Même si le français et l’arabe tchadien sont les seules langues officielles, plus d’une centaine de langues sont utilisées à travers le pays, comme le sar, le ngambaï, le mbaï, le kabalaye, le lélé, le kim, le massa ou le toupouri et le baguirmi, le nandjéré, le mboum, le gourane, le kanembou, le zakawa, le mabak, le kado, le moudang, le laga, le gor, le kaba, le zimé, le n’gama, le moundang.

Icône de détailArticle détaillé : Liste des langues du Tchad.

Fêtes et jours fériés

Date

Nom français

Nom local

Remarques

1er décembre

Fête nationale

 

Prise du pouvoir par l’actuel président Idriss Déby en 1990

1er mai

Fête du travail

   

11 août

Jour de l’Indépendance

   

28 novembre

Jour de la République

 

Proclamation de la République en 1958

 

Aîd Alkabir

   
 

Aïd Alfitr

   
 

Achoura’a

   
 

Hégire (nouvel an)

   
 

Isra’a et Mi’raj

   

25 décembre

Noël

   

ECONOMIE

Économie

Le Tchad est aux trois-quarts rural. C’est un pays pauvre, et la main-d’œuvre est mal formée. L’agriculture et l’élevage du bétail sont les activités dominantes. La mise en exploitation des gisements pétroliers depuis 2003, a été très encadrée par la Banque mondiale. Elle pourrait avoir des effets importants sur l’économie tchadienne. Dès 2004, le pétrole représentait plus de 80% des exportations nationales, permettant à la balance commerciale de devenir nettement excédentaire.

Pétrole

L’exploitation commerciale des gisements pétroliers da Doba, dans le sud du pays à partir des années 2000 a un impact profond sur la vie économique et politique tchadienne. L’exploitation a commencé après l’achèvement en 2003 de l’oléoduc Tchad-Cameroun qui permet d’acheminer le pétrole dans le golfe de Guinée. Les gisements sont exploités par un consortium associant ExxonMobil, Chevron, et Petronas. L’oléoduc a été partiellement financé par la banque mondiale. En échange du prêt, l’État tchadien touche des redevances et des dividendes, soient des recettes de 2 milliards de dollars/an sur 25 ans. Le Tchad s’est engagé auprès de la Banque mondiale à dépenser 80 % des redevances et 85 % des dividendes à la lutte contre la pauvreté Suite à un différend entre la Banque et le gouvernement tchadien, un nouveau protocole d’accord a été signé en juin 2006, le gouvernement tchadien doit désormais consacrer 70% de son budget total aux programmes prioritaires de réduction de la pauvreté.

Agriculture

Après le pétrole, la première ressource d’exportation du Tchad est le coton de la Cotontchad et le sucre de la CST, Compagnie sucrière du Tchad (anciennement SONASUT).

Démographie

En juillet 2007, la population tchadienne était estimée à environ 9,9 millions d’habitants, avec un taux de croissance démographique annualisé de 2,3%. En 1993, le Recensement général de la population et de l’habitat donnait le chiffre de 6 288 261 habitants. Plus de 47% de la population avait moins de 15 ans et le taux de fécondité était de 5,5. L’espérance de vie était de 47 ans.

  • Population active rurale (1995) : 80,8 % de la population active
  • Taux annuel moyen de croissance démographique (1990-99) : 2,98 %
  • Espérance de vie moyenne (1989-94) : 48 ans
  • Selon le World Refugee Survey 2008 publié par le Comité américain pour les réfugiés et les immigrants (U.S. Committee for Refugees and Immigrants), le Tchad abritait 294 100 réfugiés et demandeurs d’asile en 2007. 242 600 d’entre eux provenaient du Soudan et le reste de la République centrafricaine.

SUBDIVISION ADMINISTRATIVE

En 2002, le Tchad a été divisé en 18 régions administratives. Le 19 février 2008, le nombre des régions a été porté à 22. Elles remplacent les quatorze préfectures qui existaient auparavant. Chaque région est dirigée par un gouverneur nommé par le gouvernement tchadien.

Les régions sont divisées en départements (61), administrés par un préfet, eux-mêmes subdivisés en sous-préfectures. Au plus petit niveau se trouvent les cantons. Chaque entité territoriale devrait être dirigée par une assemblée élue mais aucune élection n’a encore eu lieu. Les unités administratives sont les relais de l’État à un niveau local. La ville de Ndjamena (qui a un statut spécial) est divisée en 10 arrondissements.

GEOGRAPHIE

Le Tchad est un pays vaste et de faible densité humaine. Il connaît pourtant d’importants contrastes. Le tiers nord du pays est occupé par le Sahara, et presque vide d’hommes. Plus au sud se trouve le Sahel où les précipitations sont plus importantes, de 300 à 600 mm. C’est dans le Sud de cette zone que se trouve la capitale Ndjamena ainsi que le lac Tchad. Plus au sud encore, se trouve une zone de savane où les précipitations peuvent dépasser 900 mm. C’est là, dans le sud-ouest qu’en moyenne les densités sont les plus élevées.

Le Nord et le Centre représentent les deux-tiers de la superficie du pays et comptent environ 30% de la population totale. Ces régions sont peuplées de populations sahariennes disparates, mais toutes musulmanes, appartenant aux groupes linguistiques saharien et soudanais oriental (Toubous – 2,5%, Goranes, Kredas – 4,5%, Zaghawas, Bideyats – 1,5%, Kanembous – 8,5% et Ouaddaïens – 15%).

Par ailleurs, les Arabes, musulmans, occupent trois grandes zones de peuplement, au Nord (nord-ouest du Kanem), au Centre (Batha, Chari-Baguirmi et nord du Ouaddaï) et au Sud-est (Salamat), représentant environ 14,5% de la population tchadienne.

Enfin, le Sud-ouest, chrétien et très marginalement animiste, est composé de populations négro-africaines appartenant aux groupes linguistiques tchadien et soudanais central (Sara – 30%, Hadjaraïs – 8,5%, Ngambayes – 5,5%, Toubouris, Kotokos, Massas, et autres sudistes – 9,5%).

POLITIQUE

Le Tchad est une république. Officiellement démocratie parlementaire, le pays est dans les faits un régime autoritaire. Des observateurs internationaux ont constaté des irrégularités dans les élections de 1996 et de 2001. Le président dispose de grands pouvoirs, il peut notamment nommer les ministres. Le parlement ne comporte qu’une seule chambre.

Le 17 janvier 2005, devant un rapport d’ONG mettant en évidence l’insécurité à la frontière entre le Tchad et la province soudanaise en guerre du Darfour ; le premier ministre annonce un renforcement des moyens dans cette région tout en niant le problème.

Un référendum a eu lieu le 6 juin 2005 pour modifier la Constitution de 1996 sur plusieurs aspects préalablement votés par l’Assemblée nationale le 23 mai 2004. Le point le plus important est la possibilité pour le président Idriss Déby Itno de se présenter indéfiniment aux élections présidentielles (modification de l’article 61 de la constitution du 31 mars 1996). Désormais le président peut se représenter plus de deux fois. La dernière élection présidentielle a eu lieu le 3 mai 2006. Des groupes d’opposants ont dénoncé le scrutin, d’autres ont appelé au boycott. Peu avant cette date, le 13 avril 2006, de brefs combats ont lieu dans la périphérie de N’Djamena, entre une faction de la rébellion, le FUC (Front uni pour le changement) et les troupes gouvernementales. Idriss Déby accuse le Soudan de soutenir ses adversaires. Sans grande surprise compte tenu de sa popularité, Idriss Déby Itno est réélu avec plus de 77% des voix.

Le 2 février 2008, les rebelles toujours téléguidés et soutenus par le Soudan, ont tenté de renverser les institutions democratiques. La France évacue une partie de ses ressortissants. Le 4 février, le Conseil de sécurité de l’ONU condamne les attaques contre le gouvernement tchadien. L’armée tchadienne repousse les rebelles avec courage.

La stabilité régionale au Tchad est assurée conjointement par l’EUFOR (déployée en mars 2008 et comptant 3 000 soldats en juin 2008) et par les forces françaises de l’opération Epervier. Menant une guerre de mouvement, les rebelles venus du Soudan voisin, multiplient les attaques rapides dans l’est du pays avec pour but avoué la chute du gouvernement tchadien. En juin 2008, des combats ont opposés pour la première fois l’EUFOR et ces rebelles autour de la ville de Goz Beida, au sud d’Abéché.

HISTOIRE DU TCHAD

L’État du Tchad dans ses frontières actuelles est une création de la colonisation européenne. Ses frontières résultent de négociations entre Français, Anglais et Allemands dans les années 1880. Mais l’espace tchadien possède une histoire riche et relativement bien connue. Il est sans doute un des berceaux de l’Humanité (découverte récente de « Toumaï »). Il a été le siège de trois grands royaumes sahéliens : le Kanem-Bornou, le Baguirmi et le Ouaddaï.

Considéré comme protectorat français à partir de 1900, le Tchad fut érigé en colonie en 1920 dans le cadre de l’AEF (Afrique équatoriale française). Sous l’impulsion du gouverneur Félix Eboué, il fut la première colonie française à se rallier à la France libre en 1940.

Devenu république autonome en 1958, le Tchad accéda à l’indépendance le 11 août 1960 sous la présidence de François Tombalbaye. Celui-ci dut bientôt faire face à la révolte des populations du Nord, en majorité musulmanes, ce qui l’amena à solliciter l’aide des troupes françaises en 1968. Après l’assassinat de Tombalbaye en 1975, le pouvoir échut au général Félix Malloum, qui dut céder la place au nordiste Goukouni Oueddei à la suite de la première bataille de Ndjamena en 1979. En 1980, la seconde bataille de Ndjamena permit à Goukouni Oueddeï d’évincer son rival, Hissène Habré, avec l’aide décisive des troupes libyennes.

Après l’échec d’un projet de fusion entre le Tchad et la Libye en 1981, les troupes libyennes se retirèrent dans le cadre d’un accord conclu avec le gouvernement français. En 1982, Goukouni Oueddei fut renversé à son tour par Hissène Habré, qui dut faire appel l’année suivante aux troupes françaises pour contenir une nouvelle invasion libyenne. En 1987, une contre-offensive des forces tchadiennes contraignit finalement les troupes libyennes à évacuer le pays, à l’exception de la bande d’Aozou qui ne fut restituée au Tchad qu’en 1994.

En 1990, Hissène Habré fut chassé du pouvoir par Idriss Déby Itno, qui est en place depuis lors.

En février 2008, une rébellion soutenue par le Soudan Voisin tente de renverser l’actuel président démocratiquement élu par le peuple. Les Forces de défenses et des sécurités ont pu mettre en déroute cette colonne des mercenaires.

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