Tchad : Le gouvernement met de l’ordre dans les établissements sanitaires privés de la capitale

Près de la moitié des établissements sanitaires privés qui exercent dans la capitale tchadienne sont en situation irrégulière et doivent être fermés, selon les résultats et les recommandations d’une enquête rendue publique le week-end dernier.

Tchad : Le gouvernement met de l'ordre dans les établissements sanitaires privés de la capitale dans ACTUALITES int-37352Sur les 286 établissements sanitaires privés contrôlés, 106 sont en situation irrégulière: 88 doivent être définitivement fermés et les 18 autres mis en demeure de régulariser leur situation avant de rouvrir leurs portes.

« L’à-peu-près ne doit plus exister dans la fonction. Il vaut mieux avoir deux structures sanitaires fiables que d’avoir cent qui ne respectent pas les normes de la déontologie médicale. La pr ésence des agents de l’Etat dans les structures privées pendant les heures de pointe des services publics ne sera plus tolérée », déclare Dr Ngariera Rimadjita, ministre tchadien de la Santé publique.

Fin février 2013, une mission composée de trois équipes pluridisciplinaires et coordonnée par l’Inspection générale du ministère tchadien de la Santé publique, avait été déployée dans les dix arrondissements de la capitale.

Cette mission d’inspection avait pour objectif de vérifier la r égularité des établissements pharmaceutiques (officines, dépôts et grossistes répartiteurs), des cliniques, des cabinets médicaux, des cabinets de soins infirmiers et des laboratoires d’analyses mé dicales vis-à-vis de la réglementation en vigueur. Elle devrait é galement s’assurer que l’exercice de la pharmacie est fait de faç on acceptable quant aux bonnes pratiques de conservation des produits ainsi que les pratiques des soins dans les cliniques, les cabinets et les laboratoires. Elle devrait, enfin, contrôler que les produits vendus sont dûment autorisés.

« Les résultats de contrôle ont montré que beaucoup de ces é tablissements sanitaires privés fonctionnent quelques fois sans personnels qualifiés, voire sans autorisation du ministère de la Santé publique. Une seul autorisation fait fonctionner deux, voire plusieurs établissements, la plupart de ces autorisations fonctionnent avec des autorisations louées », explique Dr Abdé ramane Mbodou Choukou, inspecteur général du ministère tchadien de la Santé publique .

« Les médicaments dispensés dans certains établissements sont d’ origines diverses et toutes les classes thérapeutiques sont vendues dans les dépôts pharmaceutiques », ajoute-t-il.

Les inspecteurs ont également décelé des cabinets de soins et laboratoires non autorisés annexés aux dépôts et officines pharmaceutiques, des détenteurs des autorisations non-inscrits aux ordres, des pratiques des activités médicales non autorisées (par exemple des cabinets qui assurent des prestations cliniques médico- chicurgicales), ainsi qu’une certaine forme d’escroquerie répandue (un ordinateur utilisé comme moyen de diagnostic).

« Les dépôts pharmaceutiques se livrent à des activités mé dicales interdites par la loi n°24 du 24 novembre 2000 relative à la pharmacie. Les cabinets de soins infirmiers et les cabinets mé dicaux se livrent à des prestations des cliniques chirurgicales. En plus, leurs installations ne respectent pas la réglementation en vigueur », précise l’inspecteur général du ministère de la Santé publique.

En plus de la fermeture définitive ou de la mise en demeure des 286 établissements, la mission a également recommandé au gouvernement de définir clairement les critères d’autorisation d’ ouverture des officines de pharmacie, cabinets médicaux et cliniques médico-chirurgicales d’un commun accord avec les diffé rents ordres; de fixer et harmoniser les prix des médicaments et la tarification des actes médicaux, d’éradiquer les ventes illicites des médicaments; de réglementer les ouvertures des é coles de santé après évaluation, etc.

Faute d’argent, beaucoup d’habitants de la capitale tchadienne ont pris l’habitude de se faire soigner dans ces centres de santé de fortune qui ont proliféré dans les quartiers, les trouvant proches et avec des tarifs très abordables.

Les propriétaires de ces « mouroirs » souvent logés dans des studios, kiosques, hangars ou simples baraques, rivalisaient d’ing éniosité pour attirer une clientèle démunie et dépourvue de couverture sanitaire.

L’ouverture d’une pharmacie ou d’un cabinet est pourtant soumise à des conditions déterminées par les textes de la Ré publique. Ainsi, seul un médecin est habilité à ouvrir une pharmacie ou un cabinet médical. Les infirmiers diplômés d’Etat à la retraite ou mis à disponibilité peuvent également ouvrir des cabinets des soins infirmiers.

Sur le terrain, des agents techniques de santé, des sages- femmes ou infirmiers diplômés d’Etat en fonction ou en instance d’intégration à la Fonction publique se sont lancés dans cette aventure. « Par un simple stage dans un centre similaire, chacun peut déjà en ce moment ouvrir un cabinet de soins et parfois clandestinement pourvu qu’il ait un peu de moyens financiers », note Dr Djoudoungeougou Djounfoune, président national de l’Ordre des médecins du Tchad.

Il déplore que les détenteurs de ces centres se permettent l’hospitalisation des malades, compliquant ainsi certains cas. « Les véritables mouroirs n’ont plus droit de cité parce qu’il s’ agit de la vie des êtres humains », conclut Dr Ngariera Rimadjita.

Son collègue en charge de la Justice, Me Béchir Madet, rassure lui que l’instruction sera donnée au procureur de la République de se saisir de l’affaire et éventuellement engager des poursuites contre tous ceux qui joueront avec la santé des paisibles citoyens.

Source: Xinhua

 


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