Le Tchad résolu à améliorer sa gouvernance

Près de six mois après son adhésion au Mécanisme Africain d’Evaluation par les pairs (MAEP), le Tchad s’active à mettre en place les organes nécessaires à promouvoir la bonne gouvernance dans tous les secteurs de la vie nationale.

Le Tchad résolu à améliorer sa gouvernance  dans ACTUALITES cite-des-affaires-tchad_dr-300x214« L’objectif principal du MAEP est de stimuler l’adoption des lois, politiques, normes et pratiques appropriées, pouvant mener à une stabilité politique, une forte croissance politique, un développement durable, une intégration économique accélérée au niveau sous-régional et continental », a déclaré à Xinhua Mme Mariam Ali Moussa, point focal du MAEP au Tchad.

« L’autre enjeu est que le Mécanisme permet au citoyen tchadien d’accéder aux informations sur toutes les actions du gouvernement », a-t-elle ajouté.

Fin janvier 2013, à Addis-Abeba (Ethiopie), le président tchadien, Idriss Déby Itno, a signé le protocole d’adhésion de son pays au MAEP.

« Cette signature est une matérialisation de notre engagement devant le peuple tchadien, l’Afrique et le monde entier, en vue d’améliorer la bonne gouvernance dans notre pays. C’était un choix libre, à l’instar des pairs africains qui ont pris le même engagement de soumettre le Tchad à cet exercice pour son développement socioéconomique et pour le bénéfice de nos populations », a-t-il déclaré en installant les membres de la Commission nationale de gouvernance, la semaine dernière.Le MAEP est un programme accepté volontairement et d’un commun accord par les Etats membres de l’Union Africaine, en 2003, pour promouvoir et renforcer la gouvernance dans le contexte du Nouveau Partenariat de Développement (NEPAD).

Le processus du MAEP s’intéresse principalement à quatre domaines précis: gouvernance politique, gouvernance économique, gouvernance des entreprises et développement socioéconomique.

La Gouvernance politique veille à ce que les constitutions, lois et règlements des Etats membres, reflètent les valeurs démocratiques, garantissent l’obligation de rendre compte, et assurent la représentation politique permettant à tous les citoyens de participer au processus politique dans un environnement libre et équitable.

La gouvernance économique comprend la transparence et l’efficacité dans la gestion financière, préalable essentiel à la promotion de la croissance économique et à la réduction de la pauvreté, l’analphabétisme et la santé des tchadiens.

La gouvernance des entreprises traite de la promotion des principes éthiques, des valeurs et pratiques conformes aux objectifs sociaux et économiques pour le bénéfice de tous les citoyens. Il s’attèle à la promotion d’un cadre solide pour une bonne gouvernance des entreprises et enfin,le développement socioéconomique doit traduire les résultats concrets de tout ce processus.

« Il n’est possible de s’attaquer efficacement à la pauvreté qu’en encourageant la démocratie, la bonne gouvernance, la paix et la sécurité ainsi que le développement des ressources humaines et physiques. Dans ces domaines, nous devons d’ abord procéder, nous-mêmes à notre auto-évaluation de manière franche et libre », a affirmé le président Déby Itno.

Pour le chef de l’Etat tchadien, il s’agit d’identifier les points forts et les faiblesses de son pays, dans un processus crédible, transparent, participatif et populaire. Le rapport d’ auto-évaluation sera examiné par un panel international qui jugera de la crédibilité de l’exercice. Un plan d’actions pour corriger les faiblesses sera élaboré, et le tout, sera soumis à l’examen des pairs de l’Union Africaine qui ont adhéré au même processus.

Pour la mise en œuvre du programme, il a signé, mi-avril 2013, un décret créant les structures nationales du MAEP, à savoir le Point Focal et le Conseil National de Gouvernance. Il est également prévu un organe technique et administratif, le secrétariat national.

Le point focal est chargé de veiller à la mise en œuvre du processus. Il joue le rôle de facilitateur et veille à l’implication effective de toutes les parties prenantes dans ce processus. Il sert d’interface entre les structures nationales du MAEP et le Secrétariat continental du MAEP, basé à Johannesburg (Afrique du Sud).

Il est chargé d’apporter son appui à l’élaboration du rapport d’auto-évaluation ainsi que le programme national d’actions. Le point focal (confié à Mme Mariam Ali Moussa, première personnalité à diriger le ministère de la Moralisation et du Contrôle général de l’Etat), est rattaché à la présidence de la République, avec rang et prérogatives de membre du gouvernement, et dispose d’un cabinet.

La Commission nationale de gouvernance, elle, est chargée d’évaluer le processus, d’approuver les différentes étapes, directives et orientations, d’élaborer le rapport d’auto-évaluation et le programme national d’actions. Elle a pour mission de veiller à la transparence du processus et à la participation de toutes les composantes de la société tchadienne.

Réputée indépendante, la Commission nationale de bonne gouvernance est composée de représentants de différentes composantes de la société tchadienne, choisis par leurs pairs et organisations: gouvernement, Assemblée nationale, patronat, société civile, médias, paysans, éleveurs, etc.

En les installant dans leurs fonctions, le président Déby Itno a exhorté les membres de la Commission nationale de gouvernance à oublier leurs intérêts personnels et mettre l’intérêt national et commun au-devant.

« L’exercice ne constitue ni une chasse aux sorcières, ni une procédure judiciaire quelconque. Il s’agit objectivement, sans crainte, de faire ressortir sans passion nos maux afin d’y apporter des solutions »,a-t-il précisé.

Il a appelé le gouvernement, les institutions de la République, les gestionnaires des entreprises et projets à s’ouvrir à l’évaluation et à coopérer pleinement avec la Commission.

« Nous avons une feuille de route très serrée, établie par le MAEP continental », note Mme Mariam Ali Moussa.

Du 12 au 16 août prochain sera lancé, officiellement, le processus du MAEP. Entretemps, le point focal et la commission nationale devront travailler ensemble pour préparer le processus d’évaluation.

Au plus tard, fin janvier 2015, le rapport-pays du Tchad devra être présenté au forum des chefs d’ Etat. Car chaque pays a dix-huit, après la signature de l’entente, pour présenter le premier rapport.

« Ceci est donc un exercice très sérieux, et il ne serait pas acceptable pour nous que le Tchad soit recalé dans ce processus », a prévenu le président Déby Itno.

Entré dans le cercle des pays producteurs et exportateurs de pétrole en 2003, le Tchad reste un pays majoritairement pauvre et miné par la corruption. Il y a quelques années, ce vaste pays d’Afrique centrale était classé, par Transparency International, pays le plus pauvre du monde. Depuis, le gouvernement a fourni beaucoup d’efforts pour lutter contre ce fléau. Mais la petite corruption reste toujours présente dans l’administration publique et les affaires.

 


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