Lettre ouverte d’un écrivain tchadien à Madame la Présidente de la Commission

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Madame la Présidente de la Commission
De l’Union Africaine

Objet : L’Afrique est malade

Madame la Présidente,

Il y a cinquante ans que le continent africain a accédé à la souveraineté internationale. Cette indépendance avait nourri d’espoir chez les africains. Elle donnait le droit aux peuples d’Afrique de disposer d’eux-mêmes.

L’euphorie des africains était à son comble, nous avions pensé à cette occasion, oublier nos souffrances, nos humiliations, nos morts etc. Bref les traitements inhumains de la période coloniale ne devraient être que des épisodes du passé, pour nous peuple d’Afrique. Malheureusement, cette euphorie s’est vite transformée en tristesse, désolation, amertume, calvaire, enfer etc.

Le rêve d’une Afrique unie, forte et prospère s’est transformé en une utopie.

L’espoir de voir l’Afrique devenir une puissance économique mondiale s’est volatilisé.

Les dirigeants africains ont tué leurs compatriotes plus que les colonisateurs blancs.

Ils (Chefs d’Etats africains) ont pillé et continuent de piller le continent.

Des millions des africains continuent par mourir de faim et souffrent de la malnutrition.

Des milliers des jeunes africains fuient le continent et périssent en mer à la recherche des vies meilleures qu’ils ne trouvent pas en Afrique.

Des infrastructures adéquates n’existent pas du tout dans nos pays.

Nos Chefs d’Etats continuent par modifier les constitutions pour se maintenir éternellement au pouvoir au regard complice de l’Union Africaine.

Les coûts d’Etat militaires intervenus aux premières heures des indépendances perdurent dans certains Pays africains, par contre, dans d’autres, ils ont été remplacés par des coûts d’Etat électoraux.

Les occidentaux continuent par décider du sort de l’Afrique sans associer les africains. L’Afrique est incapable de se prendre en charge économiquement et pourtant les atouts sont là.

Le continent vit au rythme d’une indépendance handicapée.

La stabilité et l’avenir de l’Afrique sont incertains.

L’Afrique est incapable de gérer les conflits sur le continent.

L’Afrique ne dispose pas une force de maintien de la paix pour intervenir rapidement en cas de conflit. Vous me direz certainement qu’il n’y a pas des moyens, mais cela ne me convaincra pas d’autant plus que les moyens existent. Le Tchad est intervenu au nord du Mali aux côtés de la France pour chasser les groupes terroristes sans aucun appui extérieur. L’Afrique du Sud et le Nigeria pouvaient le faire eux-aussi.

En réalité, l’Afrique n’avait pas à attendre que la France s’engage avant d’intervenir. C’était une honte pour le continent lorsque l’Afrique de l’Ouest aie laissé seuls la France et le Tchad au front alors que les pays ouest africains devaient être en première ligne. Si nul n’était la présence du Tchad aux côtés de la France au Mali, l’Afrique ne pouvait plus oser lever la tête en face du monde.

L’exemple du Tchad est à suivre par les autres pays africains afin que l’Afrique se débarrasse du joug néocolonial.

Madame la Présidente, face à cette hémorragie, j’affirme que depuis 50 ans, l’Afrique est malade, alors, que faites-vous pour lui apporter des soins appropriés afin qu’elle soit guérie?

Je suis un africain épris de paix et animé d’une volonté manifeste de voir l’Afrique sortir de ce gouffre, débarrassée des Chefs d’Etat atteints de la maladie de cinquième mandat, des rebellions interminables, de la famine et de la pauvreté, une Afrique purgée des voleurs de la république, des corrompus, des bénis oui oui exclusivement à la solde de l’occident.

Quand les pères fondateurs de l’O.U.A ont créé cet organisme, c’était pour assurer un avenir radieux à leurs progénitures, mais hélas ! 50 ans plus tard la plaie africaine est devenue un cancer.

Madame la Présidente, mes préoccupations, ma vision et ma conception sur l’Afrique contemporaine sont conçues dans mon ouvrage intitulé ‘’le Drame de l’Afrique’’ paru en 2012 aux éditions Publibook à Paris en France. Je me fais le plaisir de vous envoyer un exemplaire, cela pourra certainement, j’en suis sûr, vous aider à mieux appréhender les réalités de l’Afrique pour que des solutions adéquates soient apportées.

Veuillez croire, Madame la Présidente, en l’assurance de ma considération distinguée.

Fait à N’Djaména, le 05 juin 2013

BARKA TAO
Ecrivain tchadien

 


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