Tchad : La police nationale reprend du travail après un contrôle général

Tchad : La police nationale reprend du travail après un contrôle général dans ACTUALITES police-nationale-1-300x224Suspendue pendant plus d’un mois à cause d’un contrôle général de ses effectifs et de ses matériels, la police nationale du Tchad est redéployée depuis le week-end dernier dans les arrondissements de la capitale et des autres villes du pays.

« Nous sommes partis sur une base initiale d’un effectif total de 7.234 policiers. Nous nous sommes approchés des services de la Solde et sommes retrouvés avec 7.100 policiers listés et payés. A la fin des travaux, nous nous sommes retrouvés avec un chiffre de 5.788 recensés et retenus, soit une différence de 1.446, qui sont démobilisés, révoqués ou admis à la retraite. Il y a des gens qui sont décédés, 222 au total, mais qui continuent par percevoir leur salaire », indique Mahamat Ismaël Chaïbo, président de la Commission Nationale de contrôle des services de la Police ( CONAPOL).

Après plus d’un mois passé à contrôler les effectifs et les moyens de travail de la police, la Commission a remis lundi soir son rapport au chef du gouvernement. Ainsi, le Tchad ne compte désormais que 5.788 policiers. Mais là encore, le dérèglement est criard: 65% d’officiers et 35% d’agents de la paix.

« De 33 contrôleurs généraux de police (le grade le plus élevé dans ce corps, Ndlr)) auparavant, la Commission n’a retenu actuellement que 17. Cinq contrôleurs généraux l’étaient sans aucune base légale », ajoute M. Chaïbo.

Parmi ces cinq contrôleurs généraux de police irréguliers, il y avait MM. Mahamat Ahmat Bâchir, ancien ministre de la Sécurité publique, et Bachar Ali Souleymane, ex-directeur général de la Police nationale et ancien ministre de l’Administration du territoire. Les deux personnalités ont démis, début février dernier, du gouvernement pour s’être fait recrutés, il y a cinq ans, au sein de la police par le haut de la pyramide.

« C’est anormal çà! On ne peut pas avoir plus de chefs et moins de subordonnés. On doit inverser la tendance », a martelé le Premier ministre, Joseph Djimrangar Dadnadji en recevant le rapport de la CONAPOL.

La Commission a également constaté que 1.310 policiers ont été recrutés sur la base de remplacement numérique, dont 810 officiers et 500 gardiens de la paix. « Il appartiendra à la hiérarchie de décider de leur sort après la restitution du rapport », indique M. Chaïbo.

Pour le chef du gouvernement tchadien, le remplacement numérique ne doit pas consister à remplacer la personne décédée avec son grade. « Le remplacement numérique a été banalisé et utilisé pour distribuer des grades. C’est inadmissible. On ne peut pas entrer dans la police en qualité de contrôleur général ou d’officier sans avoir été, au préalable, un policier », a-t-il insisté.

La CONAPOL a constaté 1.007 cas d’anomalies et d’irrégularités au sein des effectifs de la police tchadienne: faux diplômes, faux et usage de faux, incapacités physiques, etc. Elle a également déploré que des policiers affectés refusent de regagner leurs postes et préfèrent rester à N’Djaména, la capitale, pour gagner allégrement leur salaire, sans travailler.

Ainsi, à la Direction de la Sécurité Publique (DSP), seuls 600 des 1.200 policiers sont actifs sur le terrain, selon la Commission. Au Groupement Mobile d’Intervention de Police (GMIP, l’ unité d’élite), sur 410 éléments, seuls 236 travaillent réellement.

« II y a des policiers qui émargent dans différents départements et continuent encore à émarger sur la liste de la Police nationale. Ce qui fait qu’aujourd’hui, rien qu’au mois de février, le salaire est monté à 969.384.000 F CFA. Sur les 1.446 dégagés, la différence de l’argent reviendra à l’Etat. Pour les 1.310 recrutés sur la base de remplacement numérique, les dépenses annuelles sont chiffrées à 2, 196 milliards F CFA, soit 183,107 millions F CFA par mois », explique le président de la CONAPOL.

La Commission, dont les travaux ont coûté plus de 200 millions F CFA, recommande au gouvernement d’organiser, désormais, des concours, avec le niveau BEPCT (le brevet d’études du premier cycle secondaire) ou du baccalauréat pour l’entrée dans le corps de la Police nationale.

« Après ce contrôle, une deuxième phase sera engagée pour un recadrage », a promis M. Dadnadji. Le chef du gouvernement tchadien s’est réjoui qu’après le renvoi et la mise à la retraite du millier des policiers, le gouvernement pourra recruter des jeunes qui sont actuellement en formation.

C’est une police nationale assainie, relookée qui est redéployée depuis le week-end dernier dans les dix arrondissements de la capitale, N’Djaména, et sur l’étendue du territoire nationale. Certes débarrassée de ses brebis galeuses, elle devra également se départir d’une mauvaise réputation dont les Tchadiens dans leur majorité l’affublent à tort ou à raison: arnaqueuse, corrompue et inefficace.

« En l’absence des policiers, la pagaille a baissé d’un cran. Cela signifie qu’au sein de la police, il y a des indélicats, des complices avec les brigands », affirme Djékornondé Tapambaye, député. A l’instar de cet élu du peuple, les pouvoirs publics et les citoyens tchadiens ont unanimement constaté une baisse de l’insécurité et des accidents sur la voie publique. Même le président Déby Itno s’est étonné de ce « paradoxe » il y a deux semaines, en allant voir la CONAPOL à l’oeuvre.

Ainsi, beaucoup de N’Djaménois, en l’occurrence les motocyclistes, regrettent déjà les « intérimaires de février » ( c’est-à-dire la police municipale, la gendarmerie et la garde nationale nomade), redoutant les tracasseries auxquelles les ont habitués ces policiers de retour.

 


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