Mali : les forces tchadiennes ont dertruit la base d’AQMI, Abou Zeid et Belmokhtar tués

Les autorités tchadiennes ont annoncé avoir abattu deux des principaux chefs islamistes : le dirigent d’Aqmi, Abou Zeid et le chef historique du réseau Mokhtar Belmokhtar. L’information doit encore être confirmée.

Mali : les forces tchadiennes ont dertruit la base d'AQMI, Abou Zeid et Belmokhtar tués dans ACTUALITES 11732011-300x182C’est lors d’une cérémonie en hommage aux 26 soldats tchadiens tués au combat, que le Président Idriss Deby annonce la mort du chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. Abdelhamid Abou Zeid, aurait été abattu par des soldats tchadiens lors d’affrontements dans le massif des Ifoghas, où se sont retranchés les groupes jihadistes après avoir été chassés des grandes villes du Nord. Pour l’instant, ni Bamako, ni les autorités algériennes n’ont confirmé la mort de l’Algérien Abou Zeid, de son vrai nom : Mohamed Ghedir, 45 ans. Soupçonné de la prise en otages de nombreux Occidentaux, il est présenté comme étant l’un des plus radicaux chefs d’Aqmi. Des analyses ADN sont en cours à Alger pour déterminer si le cadavre retrouvé est bien le sien. Selon la presse algérienne, des officiers des services de sécurité auraient identifié son arme personnelle mais pas son corps.

Une mort hypothétique

Certains experts restent dubitatifs, Matthieu Guidère, professeur français d’islamologie en France souligne que « ni Aqmi, ni Al-Qaïda n’ont confirmé l’information. Or l’expérience montre que les jihadistes ne cachent jamais leurs morts et en font immédiatement un martyr. L’objectif de l’armée tchadienne pourrait être d’obliger Abou Zeid à communiquer pour démentir sa mort auprès des autres chefs jihadistes et ainsi relocaliser sa piste ». Washington, en tout cas, juge crédible l’annonce de sa mort, les autorités françaises qui s’inquiètent du sort des 7 otages aux mains d’Aqmi n’ont pas souhaité faire de commentaire.

Le « borgne » aurait été abattu

Au lendemain de l’annonce de la mort présumée d’Abou Zeid, l’armée tchadienne affirme également avoir abattu l’Algérien Mokhtar Belmokhtar. Cet ex-chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) est entré en dissidence en octobre 2012 pour créer sa propre unité combattante. Surnommé « le borgne », c’est lui qui avait revendiqué l’attaque sanglante et la prise d’otages massive sur le complexe gazier d’In Amenas, dans le Sahara algérien. L’assaut de l’armée algérienne s’était soldé par la mort de 37 étrangers, un Algérien et 29 ravisseurs.

Mokhtar Belmokhtar aurait été tué samedi lors de combats violents à 60 km au nord de Gao, entre des islamistes du Mudjao et les soldats maliens et français. Sa mort tout comme celle d’Abou Zeid n’a pas encore été confirmée. Sur le terrain les affrontements se poursuivent ce dimanche, un soldat français a été tué, le troisième depuis le début de l’opération. Le Président français, François Hollande qui a exprimé sa compassion envers la famille du militaire, a également affirmé que le conflit malien entrait dans sa dernière phase, la phase la plus délicate.

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PORTRAIT de Mokhtar Belmokhtar – L’Algérien, dont le Tchad annonce la mort, avait mis en garde la «France mécréante» contre toute intervention dans le Sahel.

De l’armée rouge à l’armée fran­çaise. Mokhtar Belmokhtar, alias Khaled Aboul Abbas, a successivement combattu en Afghanistan, en Algérie puis dans le Sahel. Pour les services de renseignements occidentaux, cet Algérien est un brigand de grand chemin, un voyou islamisé partagé entre la défense de ses intérêts et un fanatisme débridé. Né en 1972, il part à l’âge de 17 ans pour l’Arabie saoudite, le pays de transit des candidats au djihad en Afghanistan, où il passe par des camps d’entraînement et participe à des combats. Touché par un éclat d’obus, il perd un œil et gagne un surnom: «le Borgne». Dans une rare interview accordée en 2007 à un forum salafiste, l’Algérien affirme avoir été captivé dès l’adolescence par le récit des exploits des moudjahidins afghans et avoir trouvé sa vocation dans la rudesse des maquis.

Mokhtar Belmokhtar est de retour chez lui au début des années 1990. L’Algérie vient de basculer dans la guerre civile. À Ghardaïa, il crée la katiba Echahada, la «brigade du martyre». En 1993, il tue 13 policiers. C’est, d’après les comptes rendus de ses procès par contumace, son principal fait d’armes de la guerre civile. Sa katiba est proche des GIA, les Groupes islamiques armés, accusés de massacres à grande échelle à partir de 1996. Elle rejoint le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) à sa création, deux ans plus tard. L’expérience acquise par Mokhtar Belmokhtar lui permet d’accéder au statut d’émir. Il est le chef de la zone 9, le Sud algérien. Le territoire est immense. Le djihadiste a pris l’habitude d’effectuer des séjours au Mali pour se procurer des armes et des munitions provenant des stocks de l’armée de Bamako et de se livrer à la contrebande.

«Mister Marlboro»

Son rôle dans le trafic de cigarettes, une spécialité locale, lui vaut le surnom de «Mister Marlboro». On le dit présent sur le marché des clandestins subsahariens qui traversent en camion le désert dans l’espoir de rejoindre l’Europe. Belmo­khtar tisse peu à peu des liens avec des commerçants arabes de la région de Tombouctou. Il épouse une fille de notable, prend ses aises.

En 2003, il est mêlé avec le groupe d’El Para à la prise d’otages de 17 motards allemands et autrichiens en virée dans le sud du Sahara. Les touristes sont libérés contre le versement de 5 millions d’euros, selon la télévision publique allemande.

Belmokhtar s’installe alors au Mali pour développer le business des otages. Il est mêlé à l’enlèvement de deux jeunes Français à Niamey. L’affaire finit mal. Les forces spéciales interviennent contre l’un de ses commandos mais ne parviennent pas à sauver Antoine de Léocour et Vincent Delory.

Sa katiba compte de 200 à 300 combattants. Durant les neuf mois d’occupation par les islamistes du nord du Mali, il s’est rapproché du Mujao et se montre plus souvent à Gao qu’à Tombouctou, son ancien fief, dont il s’est fait éjecter par Abou Zeid, lui aussi prétendument tué. Il annonce en décembre sa rupture avec Aqmi et la formation de sa nouvelle katiba, baptisée «les Signataires par le sang». Il en profite pour mettre en garde la «France mécréante» contre toute intervention dans la région et qualifie les élites algériennes politiques, militaires, économiques et culturelles de «fils de France».

Cinq jours après le déclenchement de l’opération française au Mali, c’est le coup de tonnerre. Des terroristes attaquent le complexe gazier algérien d’In Amenas. Ils lancent, en pénétrant sur le site: «Nous sommes d’al-Qaida et notre chef est Mokhtar Belmokhtar.» L’émir apparaît tête nue et en veste kaki dans une vidéo pour célébrer son 11 Septembre, qui se solde par 38 otages tués. Quelle mouche l’a piqué? Que viennent faire ses hommes si loin des combines maliennes et de ses caravanes du Sahara? S’il est bien mort, comme l’annonce l’armée tchadienne, le renard du désert emporte avec lui ses secrets.

 


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