Crise malienne: La juste colère d’Idriss Déby…

Depuis la mort des 23 soldats de la troupe tchadienne de la MISMA le vendredi dernier, le président Idriss Déby Itno n’avait émis aucune réaction. Eh bien, à la faveur de la 42ème session ordinaire de la CEDEAO qui se tient depuis hier à Yamoussokro et largement consacrée à la crise qui se joue au Mali, le chef de l’Etat tchadien a laissé éclater sa colère.

Crise malienne: La juste colère d’Idriss Déby… dans ACTUALITES deby_1_443188910-300x222Manifestement marqué par la mort d’autant de soldats de son armée, le président tchadien n’a pas pris des gants pour dénoncer la « lenteur et les enfantillages » dont ferait montre la CEDEAO dans l’acheminement de ses propres troupes. Fournissant le plus gros contingent africain de la Mission internationale d’assistance au Mali avec plus de 2000 éléments, le Tchad n’entend visiblement plus faire face, à lui seul, aux ennemis islamistes. Reconnaissant le bien-fondé et la légitimité de cette pique de la part du président tchadien, les dirigeants de la CEDEAO s’abritent néanmoins derrière l’absence des ressources financières nécessaires au déploiement des soldats…

Le discours peu diplomatique que le président tchadien a servi hier au sommet de la CEDEAO, à Yamoussokro est le rappel d’un célèbre adage africain selon lequel “quand on vous lave le dos, vous devez vous frotter le ventre”.En fait, les propos d’Idriss Déby Itno sonnent comme un reproche contre le peu d’engagement des pays de la sous-région ouest-africaine dans la crise malienne. Or, le numéro un tchadien estime que son intervention à lui ne doit être qu’un appui à l’engagement de la CEDEAO. Après tout, c’est à l’instance sous-régionale qu’il revient en priorité de trouver la solution à la crise malienne. Malheureusement, tel n’est pas le cas à en croire Déby. C’est ainsi qu’il a clairement dénoncé les discours pleins de bonnes intentions de la part des dirigeants  de la CEDEAO mais qui ne seraient pas suffisamment suivis d’action. De l’action, c’est justement ce qu’il demande à Alassane Ouattara et aux autres chefs d’Etat de la région.

Particulièrement amer du fait des 27 soldats tchadiens qui ont déjà payé de leur vie la chasse aux intégristes maliens, Idriss Déby s’élève également contre la fainéantise des soldats maliens qu’il invite à se rendre au front, au lieu de se cantonner dans les centres urbains.
Touchée de plein fouet par cette attaque des plus légitimes, la CEDEAO trouve les explications à ses faiblesses ainsi publiquement dénoncées dans l’absence de ressources financières. Déjà, depuis le lundi dernier, le président en exercice de l’institution et président ivoirien, Alassane Ouattara avait fait état d’une brusque augmentation du service de la guerre au Mali qui, de de 455 millions de dollars initialement, serait passé à près du milliard de dollars.Par les temps qui courent et qui sont caractérisés par une reprise économique plutôt lente en occident, il n’est pas évident qu’une telle facture puisse trouver preneur. Du coup, l’appel du président tchadien pourrait avoir du mal à être entendu. Dans une telle éventualité, ne pouvant, seule, faire face à la farouche et téméraire résistance islamiste, l’armée tchadienne pourrait tout simplement rentrer chez elle. Ce qui serait alors le pire des scénarii dans le destin du Mali et de toute la sous-région.  

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

 


Répondre

PETIT JOURNAL DES SOUVENIRS... |
c218 |
Planète : nature et animaux |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | La psychologie
| analyses, contestations pol...
| .:| нρoт&#...