Archive pour 8 février, 2013

Hissène Habré face à la justice, un moment historique pour l’Afrique

Le tribunal spécial chargé de juger le Tchadien Hissène Habré ouvre ses portes au Sénégal vendredi, 22 ans après la destitution de l’ex-dictateur. Il s’agit de la première « chambre extraordinaire » mise en place par l’Union africaine.

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Hissène Habré

« On nous jetait de l’eau à nous, les prisonniers, nous devions la lécher, comme des chiens, sur le sol ou sur nos corps », raconte Souleymane Guengueng, dans un témoignage paru dans le New York Times en 2001. L’homme, aujourd’hui âgé de 64 ans, a passé plus de deux ans enfermé dans les geôles du dictateur tchadien Hissène Habré (1982 – 1990), à la fin des années 1980. Depuis 22 ans, il se bat pour que le despote exilé au Sénégal réponde de ses crimes devant une cour de justice. Il est en passe de voir son combat porter ses fruits : vendredi 8 février, un tribunal spécial chargé de juger Hissène Habré s’ouvre à Dakar. L’ex-dictateur tchadien est poursuivi pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et torture.

« Mon espoir, et celui de toutes les victimes, est très grand. Nous avons besoin de ce procès, nous avons besoin de cette guérison psychologique. Il nous faut absolument la justice », déclare Souleymane, joint par téléphone à la veille de l’ouverture du tribunal. Pris à tort pour un opposant, il a été arrêté en 1988, puis incarcéré à N’Djamena. Pendant les deux années de son calvaire dans les prisons de la Direction de la documentation de la sécurité (DDS), la police politique d’alors, Souleymane a vu des dizaines de ses co-détenus mourir sous la torture. Lui-même a failli succomber à la dengue, puis à une hépatite contractées en prison. Il s’est juré, s’il parvenait à sortir vivant, de mener les tortionnaires en justice.

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Souleymane Guengueng, activiste et victime de torture du régime Habré, en 2001, face aux documents qu'il a collectés. © Human Rights Watch

Des centaines de témoignages collectés

Il est libéré en 1990, après le coup d’État mené par Idriss Déby, actuel chef de l’État tchadien. Un an plus tard, l’homme fonde, aux côtés d’autres ex-détenus, l’Association tchadienne des victimes de crimes et de répressions politiques (AVCRP). Inlassablement, pendant plus de deux décennies, il écoute les victimes, consigne leurs récits, collecte des photos, des documents… (suite…)

Tchad : Saadie Goukouni Weddeye, enfant de l’exil

Rentrée à N’Djamena en 2011 après avoir grandi en Libye et en France, Saadie Goukouni Weddeye, la fille de l’ancien président tchadien, a fait son entrée au gouvernement. Portrait.

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Saadie Goukouni Weddeye

D’entrée de jeu, elle tient à l’assurer : elle ne recherche pas la lumière. Très discrète, Saadie Goukouni Weddeye, 32 ans, ne veut être jugée que sur ses résultats. Le 26 janvier, dans le cadre du remaniement gouvernemental, la fille de l’ancien président tchadien Goukouni Weddeye (à la tête du Gouvernement d’union nationale de transition entre 1979 et 1982) a été propulsée ministre de l’Action sociale, de la Famille et de la Solidarité nationale. « C’est une chance inestimable, mais je veux avant tout faire mes preuves », confie-t-elle d’une voix douce. Si sa nomination a été une surprise (elle l’a apprise à la télévision), cette conseillère juridique à l’Agence nationale des investissements et des exportations (Anie) a toujours été attirée par la politique. Une part de l’héritage de son père, sans doute, lequel est très présent à ses côtés : « Il est pour moi comme une boussole. »

Humanitaire

Cadette d’une famille de douze enfants, Saadie Goukouni Weddeye est née à Lagos (Nigeria) en 1980, à l’époque où les combats faisaient rage à N’Djamena, dans le sillage de la « guerre des neuf mois ». Après le coup d’État de 1982 au cours duquel Hissène Habré a déposé son père, elle est devenue malgré elle une « enfant de l’exil ». Jusqu’en 1996, elle a vécu à Tripoli (Libye), avant de s’envoler à l’âge de 16 ans pour la France, pays auquel elle se dit « très attachée ». À Tours, très impliquée dans le milieu associatif, notamment au Secours catholique, elle a décroché un master 2 juriste d’entreprise. Mais son regard est toujours resté tourné vers l’Afrique. Alors en 2011 Saadie a fait son retour à N’Djamena. (suite…)

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