Tchad: un nouveau gouvernement de 42 membres face aux grands chantiers du président Déby

Le président Idriss Déby Itno et le Premier ministre Djimrangar Dadnadji Joseph, nommé en début de semaine, ont formé un nouveau gouvernement de 42 membres (34 ministres et 8 secrétaires d’Etat), selon un décret lu samedi sur la radio nationale.

L'ancien premier Ministre Nadingar (gauche) et le nouveau DadnadjiParmi les entrées les plus remarquables, on note Beyom Mallo Adrien, secrétaire général du parti au pouvoir et compagnon de longue date du chef de l’Etat, taillé un poste inédit dans la nouvelle équipe: ministre Conseiller à la présidence de la République.

Me Benaïwa Djibergui Rosine Amane, notaire, est nommée au ministère des Postes et des Nouvelles technologies de l’information en lieu et place de Jean-Bawoyeu Alingué, un vieux routier de la politique tchadienne qui fut le premier chef du gouvernement nommé par Déby au pouvoir depuis 1990. La présidente du CELIAF, le plus grand regroupement des associations féminines, fait ses premiers pas dans l’arène politique.

Mme Sadié Goukouni Weddeye, une autre novice mais épouse fille de l’ancien président de la République, fait également une entrée très remarquée au ministère de l’Action sociale, de la Famille et de la Solidarité nationale.Djérassem Le Bémadjiel quitte la direction générale adjointe de la Raffinerie de N’Djaména (codétenue par l’Etat tchadien et la multinationale pétrolière chinoise CNPCI) pour le ministère du Pétrole et de l’Energie. Le benjamin de l’équipe (35 ans) est un ingénieur, auteur de nombreuses inventions.

L’universitaire Dangdé Laoubélé Damaye, un vieux routier de l’administration publique, retrouve un maroquin ministériel ( Agriculture et Irrigation).

Abdoulaye Abakar revient au ministère de la Fonction publique et du Travail, après un détour à la tête de la région du Borkou. Il remplace Abali Saleh qui n’a pas pu empêcher une grève qui a paralysé, pendant plus de quatre mois, le secteur public et parapublic, fin 2012.

Ahmat Djidda Mahamat est nommé à la Santé publique, en remplacement du Dr Nahor Ngawara qui annonçait pourtant, début janvier, des perspectives en matière de santé pour le Tchad en 2013. Djidda Mahamat aura comme adjoint (secrétaire d’Etat) Dr Ngariera Rimadjita, ancien Directeur général de l’Hôpital général de référence national, la plus grande structure sanitaire du pays.

Seize personnalités ont réussi à échapper au naufrage de l’ancien gouvernement. Moussa Faki Mahamat, qui prépare le sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba (Ethiopie), garde toujours les rênes de la diplomatie tchadienne.

Gata Ngoulou, ancien Secrétaire général de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) et ancien Grand argentier national, reste au ministère des Infrastructures et Equipements, qui n’est plus directement rattaché à la présidence de la République.

Si Abdoulaye Sabre Fadoul demeure le Garde des sceaux (ministre de la Justice), il se voit retirer l’Assainissement public et la Promotion de la bonne gouvernance (qui faisait de lui un super- ministre), en faveur de Hinsou Hara, un autre novice.

Me Jean-Bernard Padaré, avocat de l’Etat tchadien dans beaucoup de dossiers, est maintenu au ministère des Affaires foncières et du Domaine; de même que l’ancien vice-président de la Banque Africaine de Développement, Kordjé Bédoumra (au Plan, Economie et Coopération internationale), Hassan Sylla Bakari (Communication, porte-parole du gouvernement), Ahmat Mahamat Bachir (Sécurité publique et Immigration), Mahamat Ali Abdallah Nassour ( Hydraulique urbaine et rurale), Samir Adam Annour (Secrétariat général du gouvernement).

Outre le départ de Jean-Bawoyeu Alingué, il faut noter celui de Christian Georges Digimbaye du ministère des Finances et du Budget, remplacé par Atteib Habib Doutoum; de Djimet Adoum (Agriculture et Irrigation); du Pr Mackaye Taïsso (Enseignement, Recherche et Formation professionnelle supérieurs) ou de l’humoriste Haïkal Zakaria (Jeunesse et Sports).

Le nouveau Premier ministre, Djimrangar Dadnadji, avait prévenu à sa nomination qu’il tiendrait compte de la compétence et de l’équilibre géopolitique pour former son gouvernement. Mais la part minime qu’il a donnée aux femmes (à peine 12%) est loin des 30% que le président Déby Itno a promis il y a quelques années.

La nouvelle équipe devra s’attaquer aux grands chantiers promis par le président Déby Itno, arrivé au pouvoir en 1990 à la faveur d’un coup d’Etat et en mai 2012 (avec 83, 59% de suffrages exprimés) pour un quatrième mandat de cinq ans. Ces chantiers d’Hercule sont: souveraineté alimentaire, accès à l’éducation et un habitat pour tous, accès à l’eau potable, développement industriel, création des emplois, transparence dans la gestion publique, justice sociale pour tous et égalité des chances des citoyens, respect des droits de l’Homme et de l’autorité de l’Etat, etc.

Dans l’immédiat, le nouveau gouvernement devra faire aboutir les négociations actuelles avec ses partenaires sociaux sur une véritable paix sociale. L’Union des syndicats du Tchad menace de reprendre la grève si le gouvernement ne revalorise pas les salaires des fonctionnaires d’ici fin mars 2013.

Les urgences se nomment également insécurité (tant dans les grandes villes, les campagnes qu’en dehors du Tchad qui prend au sérieux la menace de représailles terroristes depuis qu’il a engagé 2.000 soldats au Nord Mali), cherté de la vie (le gouvernement n’arrive pas à faire respecter les prix des produits de première nécessité sur les marchés), crise énergétique (les délestages sont courants à N’Djaména), etc.

« Je suis un homme de rigueur et de travail », a répété le nouveau chef du gouvernement aux médias locaux depuis sa nomination. Les Tchadiens entendent de voir Djimrangar Dadnadji à l’oeuvre.

 


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