Archive pour 29 décembre, 2011

Ushuaïa nature : à la découverte du Sahara Tchadien avec Nicolas Hulot.

Dans les immensités du plus méconnu des déserts, le Sahara Tchadien, les équipes d’Ushuaïa Nature partent à la recherche du premier des hommes: il a 7 millions d’années, il s’appelle  » Toumai « ,  » espoir de vie  » dans la langue des nomades…Son crâne repose quelque part dans les sables.. Avec cette découverte, les racines de l’humanité vont plonger brutalement deux fois plus loin dans le temps.

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Nicolas Hulot, dans le désert tchadien

Avec Toumai c’est tout le scénario de nos origines qui est révolutionné…Mais pas seulement : Notre ancêtre vivait dans monde luxuriant, une mosaïque de forêts, lacs, savanes : c’est devenu un désert…Toumai raconte aussi cette histoire là : celle des changements climatiques. Nulle part ils n’ont été aussi radicaux, transformant le Sahara vert en désert quasi-absolu. Comment s’est fait ce changement ? Quelles sont les preuves, les traces dans le Sahara d’aujourd’hui de cette incroyable métamorphose ? Quel impact a-t-il eu sur le monde vivant ? Comment les hommes ont-ils répondu à ces bouleversements en faisant preuve d’une incroyable invention, pour survivre, jusqu’à aujourd’hui , dans le Sahara ultime ?

La caravane d’Ushuaïa Nature, lors d’une émission diffusée ce jeudi 29 décembre à 20h50 sur TF1, suit les pistes croisées des origines de l’homme et des mouvements du climat … Chaque étape va apporter un élément de réponse.

« Le voyage commence dans le massif de l’Ennedi, un labyrinthe minéral à l’écart des mondes connus qui abrite une incroyable source d’eau pure en plein désert. Le saharien et géographe italien, Rocco Rava, présente à Nicolas un de ses amis toubous, Togoï Ioussouf, qui mène son troupeau de dromadaires jusqu’à la source d’Archei. Au campement, les femmes toubous s’occupent de la cuisine et de l’entretien de la maison. Hindou Ourmarou Ibrahim, issue du peuple peul, passe beaucoup de temps auprès des nomades et s’évertue à sensibiliser les organisations internationales sur la précarité de leurs conditions de vie. Sophie Ladame, peintre et illustratrice pour Ushuaïa Nature, s’est installée au village pour s’imprégner des lieux et réaliser quelques portraits. Avant d’entreprendre la traversée du désert à dos de chameaux, Nicolas découvre les derniers crocodiles du Sahara qui peuplent les eaux de la guelta de la source, pendant qu’ Hindou Ourmarou est allé revoir son peuple, les Peuls, pour tenter de répondre à leurs interrogations.

Rocco et Nicolas poursuivent leur voyage à dos de chameaux au cœur de l’Ennedi. L’équipe s’est dispersée dans le labyrinthe de roches à la recherche de signes inscrits par les premiers sahariens. Sophie Ladame suit le chemin indiqué par le guide toubou à la recherche d’une mystérieuse gravure de chevaux. Dans ce musée à ciel ouvert, Rocco fait découvrir à Nicolas une grande fresque retraçant l’histoire des peuples du désert. Guy Bertrand Jaquier, un des hommes volants d’Ushuaïa Nature, explore l’Ennedi par la voie des airs à bord d’un woopy. Il tente de repérer dans cette forêt minérale les indices laissés par les premiers habitants du Sahara. Au même moment, Nicolas et Rocco partagent un bivouac avec les Toubous qui leur dévoilent leurs secrets d’orientation.

Le lendemain, Nicolas prend place sur le woopy pour rejoindre le lac d’Ounianga situé à 300 km plus au nord. De son côté, la caravane guidée par Togoï et Rocco reprend sa marche vers le lac de Tegedei pour s’approvisionner en sel. Nicolas atterrit en plein désert sur les rives du lac d’Ounianga où il est accueilli par Laurent Ballesta. Les deux hommes plongent sous les roseaux qui surplombent le lac et explorent les eaux troubles peuplées de quelques espèces de poissons de ce lagon bleu en plein désert.

La caravane atteint le lac Tegedei au terme d’un voyage de 250 km sans boussole. Togoï fait découvrir à Nicolas son potager, un écrin de verdure complètement inattendu. Non loin de là, Laurent et Nicolas rencontrent le paléoanthropologue Michel Brunet à l’origine de la découverte du plus ancien hominidé connu, Toumaï, «l’espoir de vie», âgé de 7 millions d’années. C’est dans ce berceau de l’humanité que Nicolas Hulot conclut son voyage en rappelant que nous appartenons tous à la famille humaine ».

Tchad: vaste campagne de vaccination contre la méningite

Depuis le week-end dernier, le gouvernement tchadien et ses partenaires mènent, dans trois régions du pays, une campagne contre la méningite avec un nouveau type de vaccin.

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Campagne des vaccinations à N'Djaména

Cette opération s’étalera en quatre phases. La première phase, lancée le 11 décembre, ne concerne que trois régions à savoir: le Chari-Baguirmi, le Mayo-Kebbi Est et la ville de N’ Djaména.

Elle devrait touchera plus de huit millions de Tchadiens, âgés de 1 à 29 ans.

« La maladie progresse à un rythme exponentiel pour le Tchad », s’est alarmé la ministre de la Santé publique, Mme Toupta Boguena, lors du lancement de la campagne à l’hôpital de l’Amitié Tchad- Chine.

« En 2010, 3.204 cas ont été détectés, dont 268 décès. En novembre 2011, la méningite a causé 266 décès sur 5.875 cas détectés », a-t-elle précisé.

Le Tchad fait partie de ce que les experts appellent la ceinture de la méningite qui s’étend de Éthiopie au Sénégal. Pour faire face à cette situation alarmante, le gouvernement tchadien a sollicité et obtenu l’introduction du vaccin conjugué « MenAfriVac ».

Selon le représentant de l’Organisation Mondiale de la Santé, le nouveau vaccin, qui a déjà permis à trois pays africains (Niger, Burkina Faso et Mali) d’obtenir de bons résultats, a beaucoup d’ atouts.

« Le MenAfriVac peut être utilisé dès la première année de vie. Il protège chaque individu vacciné pendant au moins dix ans »,a affirmé Dr Saidou Pathé Barry.

Par ailleurs, le vaccin contre la méningite confère aussi une immunité de groupe, c’est-à-dire protège les personnes non vaccinées quand la couverture vaccinale contre la méningite atteint environ 90%.

« C’est un vaccin efficace, sûr, gratuit et sans danger. Aucun effet secondaire majeur n’a été enregistré jusqu’à présent sur les sujets auxquels il a été administré », a-t-il conclu.

Le Directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique du centre et de l’ouest, David Cressley, a souhaité que cet effort soit suivi par l’amélioration de la chaîne de froid, l’immunisation en routine et l’organisation des campagnes de vaccination de qualité.

Le président tchadien Idriss Déby Itno avait ordonné le financement d’environ 1 milliard 500 millions de francs CFA (3 millions USD), comme contribution du pays pour accompagner la campagne.

La campagne qui se déroule du 10 au 19 décembre prochain vise à protéger près de 2 millions de tchadiens âgés de 1 à 29 ans révolus.

Cette année, trois régions ont été retenues: N’Djaména la capitale, ainsi que les régions du Chari Baguirmi et du Mayo-Kebbi Est. Les dix-neuf autres régions du pays seront vaccinées au cours des trois prochaines phases, soit un total d’environ 9 millions de personnes.

Lançant la campagne dimanche dernier, le chef de l’Etat tchadien a demandé une forte mobilisation du personnel de la Santé publique, mais aussi de l’Administration en général, des chefs traditionnels, des religieux, de la société civile.

« Tout le monde doit se mettre dans ce combat utile. C’est un défi énorme que nous devons à tout prix relever par un acte simple mais qui sauve: la vaccination », a-t-il déclaré.

Déby a ensuite demandé aux forces de défense et de sécurité de s’impliquer dans cette campagne de vaccination en mettant leurs véhicules à la disposition des agents vaccinateurs.

Il a demandé enfin aux journalistes de tous bords de sensibiliser la masse pour le succès de la présente campagne et celle à venir.

Contrairement à la lutte contre la poliomyélite qui est faite de porte à porte, la vaccination contre la méningite se déroule dans les centres de santé, les domiciles des chefs de carré et les lieux publics.

Après s’être rendu sur quelques sites de vaccination de la capitale, le ministre de la Santé publique a réitéré, jeudi soir sur la radiotélévision nationale, un appel « aux jeunes, femmes et hommes, entre 15 et 29 ans, à se faire vacciner massivement contre cette maladie ».

Le Tchad connait sa miss pour 2012

Le choix du jury a porté sur Mlle Romnelem Lydie, âgée de 21 ans, candidate de la ville de N’Djaména

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Miss Tchad 2012

C’est la Première Dame Hinda Déby qui présidait hier dans les Jardins de l’Hôtel Novotel La Tchadienne, l’élection Miss-Tchad 2012. Elles étaient 22 candidates issues des 22 régions du pays à se présenter à ce concours de beauté. La cérémonie a vu la présence du Premier ministre Emmanuel Nadingar, des membres du Gouvernement, présidents de grandes institutions de la République et plusieurs invités. Dans son mot, le président du comité d’organisation, le ministre de la Culture Khayar Oumar Deffallah a adressé ses meilleurs vœux de santé, prospérité et de réussite au peuple tchadien et aux plus hautes autorités de la République, au seuil de l’année nouvelle 2012 qui pointe à l’horizon.

Pour le ministre Khayar Oumar Deffallah l’élection Miss –Tchad constitue un évènement culturel populaire majeur ayant mis en compétition 22 candidates dans la fraternité et dans un élan de solidarité. Les critères de cette compétition sont entre autres, la taille, le niveau d’études des candidates, (minimum être de classe Terminale), la démarche, l’élégance, l’expression, la culture générale. Toutes les candidates sont célibataires sans enfants à charge. Selon la présidente du jury, Bintou Malloum, la tâche des membres du jury a été difficile pour départager, les candidates nourries de projets au profit de la jeunesse tchadienne. Le choix du jury a porté sur Melle Romnelem Lydie, âgée de 21 ans, candidate de la ville de N’Djaména qui envisage œuvrer pour le développement du monde rural.

Elle gagne un véhicule Toyota Rav4 et de nombreux lots. La première dauphine est du Moyen-Chari. La deuxième dauphine, Melle Nézilé Brahim représente la région de Hadjer Lamis. Chacune gagne une moto et bien d’autres lots de consolation. Les autres candidates ont également reçu des lots d’encouragement.

Première Rencontre Internationale des Etudiants Tchadiens : Le Chef de l’Etat y prend part

Du 27 au 29 décembre 2011 se tient à N’Djaména la Rencontre Internationale des Etudiants Tchadiens (RIET) avec comme thème principal «Jeunesse estudiantine au service du Développement ». Cette rencontre est placée sous le haut patronage du Président de la République Idriss Deby Itno. Une première au Tchad, cette réunion de travail réunissant cinq cent participants est une initiative de l’Organisation Internationale des Etudiants Tchadiens (OIET), une association faîtière des étudiants tchadiens de l’intérieur comme de l’extérieur.

Première Rencontre Internationale des Etudiants Tchadiens : Le Chef de l’Etat y prend part dans ACTUALITES Khadi-300x189Photo de famille avec le PR, Idi

Selon Mingar Monodji Fidel, coordonnateur de l’OIET et ancien SG de l’UNET, à travers cette première Conférence Internationale des Etudiants Tchadiens organisée sous le label de la RIET, son association se veut surtout rassembleur et fédérateur de la jeunesse consciente afin de relever le défi du développement du Tchad. « Nous voudrions relever le défi du développement et pourquoi pas du développement durable, en conciliant le savoir et le développement », a-t-il lancé.

Conscients de ne pas pouvoir régler d’un coup tous les problèmes qui se posent aux étudiants, les organisateurs de la rencontre se fixent comme objectifs de défendre les intérêts moraux et matériels des étudiants, créer une chaine de solidarité entre les étudiants tchadiens de l’étranger et ceux de l’intérieur, servir de plate forme d’échanges interactifs entre les étudiants et promouvoir les valeurs socio culturelles du Tchad.

Durant trois jours, les participants, leaders étudiants d’ici et de la diaspora, enseignants-chercheurs d’ici et d’ailleurs vont débattre des thèmes tels que Jeunesse estudiantine, citoyenneté et développement durable ; le pétrole tchadien et l’investissement en faveur de la jeunesse ; jeunesse tchadienne, les NTIC et l’entreprenariat. A l’issue de ces assises, les organisateurs de la RIET espèrent la création d’une direction des étudiants de l’extérieur et l’érection de l’OIET en une agence qui jouera le rôle d’interface entre gouvernement et les étudiants.

Le développement du pays, l’unique priorité…
« Cette rencontre est une des réponses à ma préoccupation majeure, celle d’une jeunesse à la tête bien faite et ayant un sens de la responsabilité de la chose publique et de la mission qui est la sienne », ces mots constituent la principale réponse du Chef de l’Etat, présidant la cérémonie. Réitérant son total soutien à cette initiative, Idriss Déby Itno s’est dit heureux de cette rencontre qui prouve que la jeunesse tchadienne est prête à faire face aux défis qui interpellent tous les Tchadiens et qui ont pour noms l’unité nationale, concorde nationale, culte du travail bien fait, préservation de l’intérêt général et toutes les valeurs qui élèvent une nation et un peuple qui ont des ambitions. En outre, le Président a insisté sur le fait que le développement de ce pays doit être la première des priorités des jeunes, sinon l’unique priorité. « Le Tchad, pays de Toumaï, berceau de l’humanité est un bien commun. Pour ce faire, en votre qualité de socle de la renaissance, vous devez veiller dessus pour parfaire son rayonnement dans le monde… La nation tchadienne est en pleine construction. C’est pour dire qu’aucune compétence n’est de trop. Les compétences et le savoir acquis aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du Tchad doivent être mis au service de votre mère patrie », a t-il déclaré.

Cependant, Idriss Deby Itno n’a pas omis d’évoquer le crucial problème de baisse de niveau qui touche également l’enseignement supérieur tchadien, interpellant étudiants et leurs enseignants à cultiver l’excellence. « Le niveau actuel n’est pas à la hauteur de mes attentes », a-t-il souligné. Profitant de l’occasion, le Chef de l’Exécutif a aussi évoqué la délocalisation de certaines facultés, qui, pour lui, ne constitue nullement une sanction, ni une mesure de représailles contre qui que ce soit. C’est une décision qui vise l’unité nationale à travers le brassage des tous les fils du Tchad.

A signaler que financièrement, les fonds permettant la tenue de la RIET proviennent à cent pour cent de la Présidence de la République.

Tchad : Un projet de budget insuffisant

L’Assemblée Nationale tchadienne vient de voter la loi de finances du gouvernement qui prévoit pour l’exercice 2012 une recette de 2,7 milliards de dollars alors que les dépenses s’élèvent à 3 milliards de dollars, ce qui induit un gap d’environ 238 millions de dollars.

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le ministre des Finances et du Budget, Christian Georges Diguimbaye

eci pose évidemment un problème pour le respect et l’accomplissement des nombreux projets de développement qui sont prévus. Mais pour l’heure, le ministre des Finances et du Budget, Christian Georges Diguimbaye a indiqué que ce déficit sera comblé « essentiellement par des économies budgétaires à réaliser absolument au titre de l’exécution budgétaire 2011». Chose qui sera loin d’être facile puisque l’on a noté entre 2011 et 2012 un

e baisse des recettes d’environ 529 millions de dollars CFA (-20,1%), imputable essentiellement à la diminution prévue des recettes pétrolières. Le projet de budget tchadien de 2012, semble s’inscrir dans la même continuité que les engagements antérieurs, car il vise d’une part, à renforcer les actions en faveur de la réduction de la pauvreté et à améliorer les conditions de vie des populations. D’autre part ce projet de budget « intègre également les orientations du programme politique du chef de l’Etat, et a été établi dans la perspective de l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative des pays pauvres très endettés » a déclaré le ministre tchadien des Finances et du Budget.

Par ailleurs pour 2012, les recettes pétrolières, une des premières sources de revenue du pays, sont estimées à environ 1,3 milliards de dollars, soit plus des deux tiers des recettes générales. Quant à la masse salariale, principale dépense du pays, elle est estimée à 562 millions contre 217 millions de dollars en 2011. A cet effet, la hausse est due au prochain recrutement de quelques 4.935 agents dans la Fonction publique.

Source: .legriot.info

Tchad: la base française maintenue, le nombre d’avions renforcé

Le secrétaire d’Etat français aux Anciens combattants Marc Laffineur, qui s’est entretenu avec le président tchadien Idriss Deby Itno samedi à N’Djamena, a déclaré à la presse que la « base française au Tchad sera maintenue » et « que le nombre d’avions » sera renforcé.

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Le secrétaire d’Etat français aux Anciens combattants Marc Laffineur le 7 novembre 2011 à l’Elysée (AFP/Archives, Francois Guillot)

« La base française au Tchad sera maintenue et le nombre d’avions Mirage sera renforcé pour surveiller toute la sous-région africaine » et notamment la bande sahélienne, a affirmé M Laffineur.

« La France a une coopération militaire très agissante avec le Tchad. Nous sommes disposés à renforcer cette coopération », a ajouté le ministre qui passe le réveillon avec les soldats français du dispositif militaire Epervier déployé au Tchad.

Un source de la présidence tchadienne a affirmé que le président tchadien et le ministre français « ont discuté de la coopération militaire ».

En août 2010, Idriss Deby avait remis en cause la présence d’Epervier alors que son pays et le Soudan ont normalisé leurs relations, après cinq ans de guerre par rébellions interposées.

Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé avait lui souligné en janvier que la France ne « souhaitait pas rester forcement dans le format actuel, nous sommes prêts à évoluer vers quelque chose qui évolue davantage vers la coopération entre le dispositif Epervier et l’armée tchadienne ».

La situation sécuritaire dans la région a depuis beaucoup évolué avec la crise libyenne, suivie de disparition d’armes, ainsi que la présence de groupes armées dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dans la bande sahélienne.

De source du secrétariat des Anciens combattants, les deux hommes ont aussi évoqué la réduction des effectifs de l’armée tchadienne qui doit s’accompagner d’un programme DDR (Désarmement, démobilisation, réinsertion) pour éviter que les hommes quittant l’armée rejoignent des groupes rebelles.

Environ 900 soldats français sont basés à N’Djamena dans le cadre du dispositif Epervier, mis en place en 1986 pour tenter de stabiliser la région après l’intervention des forces libyennes du colonel Kadhafi dans le nord du Tchad. Les Français disposent également d’une base à Abéché dans l’est du pays.

Source AFP

Idriss Déby Itno : « En Libye, l’Histoire me donnera raison »

Le président tchadien, Idriss Déby Itno, persiste et signe : la guerre contre Kaddafi a été pour la région un facteur de déstabilisation, et la façon dont ce dernier a été tué « laissera des traces ». Pour lui, le dictateur libyen devait certes quitter le pouvoir, mais en douceur : « C’était possible », regrette-t-il.

Idriss Déby Itno :

Le président tchadien Idriss Déby Itno en décembre à Paris. © DR/J.A.

Il y a un peu plus de huit mois, alors que la guerre déchirait la Libye et que Mouammar Kaddafi défiait encore son peuple et les bombardements de l’Otan, c’est un Idriss Déby Itno très inquiet des conséquences de cet embrasement à sa frontière nord que nous avions rencontré à N’Djamena. Fin connaisseur, sans doute le meilleur, du colonel libyen et de son système de pouvoir, le président du Tchad se refusait pourtant à envisager l’hypothèse de sa chute, comme si quarante-deux années de voisinage pendant lesquelles Kaddafi fut tour à tour acteur et médiateur, déstabilisateur et stabilisateur, envahisseur et investisseur, ennemi et allié encombrant avaient fini par l’ancrer définitivement dans le paysage tchadien.

C’est au Tchad, à l’occasion du cinquantième anniversaire de son indépendance célébré en janvier 2011, que le colonel a effectué son ultime déplacement à l’étranger, et le 11 août, lors de la fête nationale à N’Djamena, c’est l’un des affidés les plus proches du « Guide », Béchir Salah, qui dirigeait la délégation libyenne, ovationnée par les participants. Trois semaines plus tard, pourtant, le Tchad reconnaissait officiellement le Conseil national de transition libyen, sans pour autant que se dissipe totalement un climat de méfiance nourri de rancœurs réciproques. Pragmatique et réaliste, habitué à jouer les équilibristes entre l’absolue nécessité d’entretenir de bons rapports avec Tripoli et celle de préserver la souveraineté de son pays, Idriss Déby Itno fait tout depuis pour clore définitivement le chapitre Kaddafi.

Les huit mois qui séparent ces deux interviews ont aussi été le théâtre d’une réélection présidentielle sans risques ni enjeux (puisque boycottée par les principaux leaders de l’opposition) pour cet homme de 59 ans, au pouvoir depuis deux décennies.

Amorcé à N’Djamena, cet entretien a été finalisé à Paris, en marge de la discrète visite privée qu’y a effectuée le chef de l’État tchadien, du 12 au 15 décembre.

Jeune Afrique : Dès le début de la guerre en Libye, vous n’avez pas caché vos réticences à l’égard des rebelles du CNT et vis-à-vis de l’opération menée par l’Otan pour renverser Kaddafi. C’est toute la région, disiez-vous alors, qui risque d’être déstabilisée. A posteriori, ces craintes étaient-elles vraiment justifiées ?

Idriss Déby Itno : Je crois que l’Histoire me donnera raison. Ce n’est un secret pour personne que des stocks d’armes considérables en provenance des arsenaux libyens circulent dans la zone sahélo-saharienne et le long du millier de kilomètres de notre frontière commune. Y compris ce que je vous révélais en mars dernier et qui depuis est admis par tout le monde, à savoir des missiles antiaériens Sam 7 et Sam 9. À qui profite ce vaste marché ? Aux terroristes d’Aqmi et de Boko Haram, aux rébellions du Darfour et d’ailleurs. Mes craintes, hélas, n’étaient pas infondées.

Je n’ai jamais cru que Kaddafi était indispensable, encore moins immortel. J’aurais simplement souhaité qu’il sorte du jeu autrement.

Vous connaissiez très bien Kaddafi, ses forces et ses faiblesses. Et pourtant, vous avez eu beaucoup de mal à envisager qu’il puisse tomber. Pourquoi ?

Je n’ai jamais cru que Kaddafi était indispensable, encore moins immortel. J’aurais simplement souhaité qu’il sorte du jeu autrement. Qu’il parte en exil et que les nouvelles autorités s’installent en douceur, sans dégâts ni victimes inutiles. C’était d’ailleurs la position de l’Union africaine. En réalité, aucun chef d’État du continent n’était contre le départ du pouvoir de Kaddafi, mais la façon brutale avec laquelle on l’a fait chuter ne pouvait être que génératrice de désordres dans un pays sans institutions ni Constitution. Or l’Afrique a besoin d’une nouvelle Libye forte et organisée.

Mouammar Kaddafi a manifestement été tué après sa capture. Cela vous a choqué ?

Son assassinat, comme tout assassinat, n’était pas une solution. Et l’exhibition publique de sa dépouille dans la morgue de Misrata n’était pas conforme au minimum de respect religieux dû aux morts. Tout cela laisse des traces. Mais je veux croire que le grand peuple frère de Libye saura trouver les chemins de l’unité.

Pour nous, Tchadiens, peu importe qui gouverne à Tripoli : nous sommes condamnés à vivre ensemble et nous saurons cohabiter. 

Vos relations avec les ex-rebelles libyens du CNT ont traversé une période très conflictuelle. Ces derniers vous ont accusé de recruter des troupes pour venir en aide à Kaddafi, et, de votre côté, vous leur avez reproché de maltraiter les immigrés tchadiens résidant en Libye. Avez-vous signé la paix avec vos nouveaux voisins ?

Il n’y a jamais eu de guerre. Pour nous, Tchadiens, peu importe qui gouverne à Tripoli : nous sommes condamnés à vivre ensemble et nous saurons cohabiter, je n’ai aucun doute là-dessus. À dessein, certains ont prétendu que j’avais envoyé des éléments de la garde républicaine combattre aux côtés de Kaddafi, ce qui est totalement faux. La France était bien placée pour le savoir, et j’aurais souhaité, quand ces accusations injustes ont été formulées, qu’elle le dise publiquement, ce qui hélas n’a pas été le cas.

L’armée française a-t-elle utilisé sa base de N’Djamena dans le cadre de ses opérations en Libye ? Selon certaines sources, vous vous y seriez opposé…

J’ignore si les Français se sont servis de leur base. Moi, je ne me suis opposé à rien puisque j’ai demandé à la France, via son ambassadeur que j’ai convoqué dans mon bureau, de surveiller ma frontière nord afin de prévenir les infiltrations d’armes. Ce qui a été fait.

Vous en êtes-vous expliqué avec le président du CNT, Mustapha Abdeljalil ?

Je l’ai rencontré à Paris, à New York et à Addis-Abeba. Lui-même m’a dit qu’à sa connaissance aucun soldat tchadien n’est allé combattre en Libye. Par contre, il est exact que Kaddafi a recruté des mercenaires parmi les Tchadiens immigrés. Deux cent cinquante d’entre eux sont rentrés au Tchad après la défaite. Ils sont en prison en attendant leur jugement.

Combien d’émigrés de retour de Libye avez-vous dû accueillir ?

Cent quarante mille à ce jour. Pour nous, c’est un fardeau énorme, d’autant qu’il s’agit à 80 % de jeunes de moins de 30 ans sans qualification. Aucun pays, aucune institution, hormis l’Organisation mondiale pour les migrations, ne nous est venu en aide pour les réinsérer.

Peut-être pense-t-on que ces émigrés n’attendent qu’une chose : pouvoir se rendre de nouveau en Libye ?

Je n’ai pas entendu un seul de ces rapatriés dire qu’il souhaitait repartir là-bas.

La Libye de Kaddafi avait beaucoup investi au Tchad, dans l’immobilier, le secteur bancaire et les achats de terres notamment. Les nouvelles autorités vont-elles maintenir ces engagements ?

La Libye a moins investi au Tchad qu’au Mali, au Niger ou au Sénégal. Ce n’est pas aussi significatif que vous semblez le croire. Il y a certes quelques chantiers non achevés, à N’Djamena notamment, mais il faut laisser aux nouveaux dirigeants le temps de revisiter leur coopé­ration avec l’Afrique, laquelle, j’en suis convaincu, se poursuivra. Quant aux banques à capitaux libyens, il s’agit d’établissements commerciaux, pas de banques d’investissement ou de crédit. Elles rapportent beaucoup d’argent. Il est donc tout à fait dans l’intérêt de la Libye de les maintenir.

Que va devenir la Cen-Sad, cette communauté des États sahélo-sahariens lancée en grande pompe par Kaddafi il y a quatorze ans et qui regroupe vingt-huit États africains ?

Attendons de voir. Le hasard veut que j’assume en ce moment la présidence en exercice de cette organisation, dont le bilan est loin d’être négligeable. Pour l’instant, son secrétariat exécutif ne fonctionne plus et j’ignore ce que sont devenus les hauts fonctionnaires libyens qui le dirigeaient. C’est un problème qu’il nous faudra aborder rapidement avec les autorités de Tripoli.

Autre conséquence inquiétante de la crise libyenne : le chef rebelle soudanais Khalil Ibrahim (le Soudan a annoncé l’avoir tué le 25 décembre, NDLR) est revenu au Darfour avec armes et bagages depuis la Libye après avoir combattu aux côtés de Kaddafi. Et il envisage de relancer la guerre à votre frontière contre le pouvoir de Khartoum. Cela vous inquiète ?

Khalil Ibrahim est effectivement rentré au Darfour avec des camions d’armes et de munitions libyens. Il a suffisamment de matériel pour recréer le désordre dans cette région, mais pas assez pour prétendre prendre le pouvoir à Khartoum. Il doit savoir que la communauté internationale ne lui pardonnera pas de rallumer la guerre après tous les efforts consentis par l’Union africaine, le Qatar et d’autres pour parvenir à la paix. Rouvrir la boîte de Pandore du Darfour serait une catastrophe. Si j’ai un conseil à donner à Khalil Ibrahim, c’est celui-ci : va à Doha signer l’accord de paix, entre dans la logique de la stabilité, ne remets pas en question le processus de retour volontaire des réfugiés, ne prends pas devant l’Histoire la responsabilité de tout gâcher à nouveau.

Selon certaines informations, le chef rebelle tchadien Abdelwahid Aboud Mackaye, qui a été l’un des concepteurs de l’attaque de N’Djamena en février 2008, vous aurait été secrètement livré il y a quelques jours par le président soudanais El-Béchir. Confirmez-vous ?

À l’heure où je vous parle, je ne suis pas au courant de cette histoire.

El-Béchir a assisté à votre investiture le 8 août dernier et, une fois de plus, la Cour pénale internationale, dont le Tchad a pourtant ratifié le statut, a protesté. Pourquoi ce geste de défi ?

Il ne s’agit pas de cela. Je suis certes signataire du statut de Rome, mais je suis aussi membre de l’Union africaine, laquelle a une position divergente sur cette affaire. J’ai choisi de suivre l’avis de l’UA : il n’est pas question qu’El-Béchir, s’il doit être jugé, le soit ailleurs qu’en Afrique. Et puis, comme pour la Libye, je suis pragmatique : s’il veut que la paix revienne au Darfour et s’il veut sécuriser sa frontière est, le Tchad n’a pas d’autre choix que d’avoir les meilleures relations possibles avec le Soudan, quel que soit le régime en place à Khartoum. Nous avons un vaste projet commun d’interconnexion avec le réseau ferroviaire soudanais, qui permettra de relier Abéché à la mer Rouge : c’est cela qui nous importe.           

Oui, la vie est chère au Tchad, je le reconnais. Non, le salaire des fonctionnaires n’est pas au niveau de décence souhaitable(..)

Le transfert de l’ex-président Gbagbo à la CPI vous a-t-il choqué ?

Non. Charles Taylor y est déjà et l’Union africaine a eu sur ces deux cas une position sans ambiguïté : cela procède de la volonté des Ivoiriens, il n’y a donc aucun problème. Cela dit, il serait bon que la CPI ne s’en tienne pas qu’aux Africains dans son combat contre l’impunité. L’Afrique ne l’accepterait pas.

Pourtant, vous semblez souhaiter que votre prédécesseur, Hissène Habré, soit déféré devant la justice belge plutôt que jugé en Afrique. N’est-ce pas contradictoire ?

Soyons clairs. À l’origine, je voulais que Habré soit jugé au Tchad dans le cadre d’un tribunal international. L’Union africaine s’y est opposée et a préféré le Sénégal. Dix ans après, nous faisons du surplace, et les 40 000 victimes n’ont toujours pas obtenu justice. Dakar n’en veut plus, et Bruxelles se déclare compétent : pourquoi pas ? Le Rwanda s’est également proposé pour organiser le procès, et nous sommes prêts à coopérer pour l’y aider. Toutes les solutions sont bonnes pourvu qu’on sorte de cette impasse.

Mais quelle serait la meilleure, selon vous ?

Pour moi, ce serait Kigali, parce que Kigali est en Afrique. Question de principe. Mais si Kigali ne peut pas, je ne verrai aucun inconvénient à ce que Habré soit jugé en Belgique.

Lorsque, début juillet, Abdoulaye Wade vous a écrit pour vous annoncer qu’il allait vous livrer Hissène Habré, décision sur laquelle il est finalement revenu, comment avez-vous réagi ?

J’étais prêt à le recevoir. Toutes les dispositions avaient été prises. On a crié : « Wade va livrer Habré et Déby va le tuer ! » Ridicule. Le Tchad est un État de droit.

Votre pays vient de traverser une période plutôt chahutée de malaise social, avec manifestations et grèves à répétition des fonctionnaires et des étudiants. N’y a-t-il pas là comme un effet des révolutions arabes ?

Ce malaise est planétaire, il me semble. L’Europe a ses indignés, l’Afrique a ses crises de la vie chère. Oui, la vie est chère au Tchad, je le reconnais. Non, le salaire des fonctionnaires n’est pas au niveau de décence souhaitable, et non, nos ressources ne sont pas extensibles. Alors, compte tenu de cela, gouvernement et partenaires sociaux dialoguent. Nous avons promis une augmentation des salaires de 20 % en 2012, la suite dépendra de nos ressources : si elles le permettent, d’autres augmentations auront lieu. Maintenant, il faut que les fonctionnaires, qui sont 70 000 au Tchad sur une population de 12 millions d’habitants, comprennent que je ne peux leur affecter la totalité de nos revenus et abandonner les autres à leur sort.

Craignez-vous que la crise de la dette européenne et les menaces qui pèsent sur l’euro débouchent sur une nouvelle dévaluation du franc CFA ?

Non, le scénario de 1994 ne se reproduira pas à l’identique. Par contre, si l’euro flotte, le franc CFA va flotter. Si la parité de l’euro se dégrade vis-à-vis des autres monnaies, le franc CFA en sera affecté. C’est un phénomène mécanique. Et c’est cela qui peut nous inquiéter. Mais il n’y a aucun motif objectif pour qu’une nouvelle dévaluation ait lieu.

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré en juillet dernier que le dispositif militaire français au Tchad, fort d’un millier d’hommes, ne se justifiait plus et qu’il fallait envisager son rapatriement. Qu’en pensez-vous ?

Le dispositif Épervier est présent au Tchad depuis 1986. Nous avons avec la France, qui est notre partenaire, une relation excellente. Nous allons donc, comme nous l’avons toujours fait quand un problème bilatéral se pose, nous asseoir et discuter afin de le régler. Si la France estime que sa présence militaire ne se justifie plus et qu’il convient de la rapatrier, c’est un jugement et une décision qui relèvent de son entière souveraineté. En attendant, il faut savoir que l’actuel aéroport de N’Djamena, qui est situé en plein centre-ville avec toutes les nuisances que cela implique, va être déplacé à la périphérie d’ici à la fin de 2014. Si la France veut rester au Tchad, elle devra donc suivre le mouvement et réaménager ses infrastructures.

N’Djamena est une base d’entraînement gratuite pour l’armée française. Comptez-vous exiger un loyer, comme Djibouti ?

Il n’y a effectivement aucune raison pour que l’armée française paie un loyer ailleurs et pas au Tchad.

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