Tchad: les tensions sociales ne faiblissent pas

Au Tchad, le front social est toujours en ébullition. La grève de trois jours, observée en début de semaine à l’initiative des grandes centrales syndicales, pourrait reprendre mercredi prochain et les étudiants de l’université de la capitale persistent également dans leur grève entamée depuis plus d’un mois pour réclamer des arriérés de bourses.

tcd.jpgLa grève, entamée à l’appel de l’Union des Syndicats du Tchad (UST) et de la Confédération Libre des Travailleurs du Tchad (CLTT) « a été largement suivie dans tout le pays par les travailleurs », a confié à Xinhua François Djondang, secrétaire général de l’UST.

Le mouvement a paralysé des secteurs vitaux, à l’instar de la santé où le service minimum était maintenu à certains endroits.

Jeudi dernier, après trois jours de cessation de travail, les deux centrales syndicales ont décidé de suspendre leur mouvement. Cette suspension risque d’être de courte durée.

« Si le gouvernement ne satisfait pas à nos revendications, nous entamerons le 2 novembre prochain une grève illimitée », prévient Michel Barka, président de l’UST.

  »La suspension de cette grève nous permettra de mieux sauter », ajoute-t-il.

Mardi prochain, une nouvelle assemblée générale à la Bourse du Travail décidera de la conduite à tenir qui, elle, dépend de la seule volonté du gouvernement.

Le 18 octobre 2011, le Président de la République Idriss Déby Itno a promulgué un décret qui approuve et rend exécutoire les grilles salariales consécutives au relèvement du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) et du Salaire Minimum Agricole Garanti (SMAG) dans le secteur privé. Le SMIG en cours dans le secteur public est de 55.995 francs CFA.

« C’est une bonne chose que le gouvernement relève le salaire minimum dans le privé, mais il devra de même pour le secteur public », plaide François Djondang.

« Nous comprenons la situation des travailleurs. Mais nous sommes à pied d’œuvre pour satisfaire à leurs revendications », déclare le Secrétaire Général du Ministère de la Fonction Publique, Toïna Tondjibaye, qui demande aux travailleurs de suspendre leur grève, afin de laisser le temps au gouvernement « de finaliser le travail et de le soumettre au Comité Consultatif de la Fonction publique ».

Pendant leur grève, les leaders syndicaux ont été reçus à deux reprises par le Premier ministre Emmanuel Nadingar. Le gouvernement ne voudrait accepter la nouvelle grille salariale du secteur public qu’en 2013, et non dès 2012, comme l’exigent les syndicats. Le relèvement du SMIG à 60.000 francs CFA ferait passer la masse salariale de la Fonction publique de 33 à 49 milliards de francs par mois, soit 588 milliards par an.

« Le gouvernement a toujours privilégié la concertation et le dialogue avec les partenaires sociaux, lorsqu’il s’agit d’un problème d’intérêt commun. Il n’est aujourd’hui un secret pour personne que la question de la cherté de la vie constitue pour le Chef de l’Etat une véritable priorité », renchérit Mahamat Abali Salah, ministère tchadien de la Fonction publique et du Travail.

« L’importance de cette question avait amené le gouvernement à relever les bas salaires à 60.000 francs CFA, à initier le financement de projets viables montés par les demandeurs d’emplois qui ne veulent plus passer leur vie à attendre devant les portes des entreprises ou de la Fonction publique, et à rétablir le paiement des allocations familiales aux fonctionnaires », a-t-il ajouté.

Selon l’arrêté n°300 fixant les modalités d’application des allocations familiales, celles-ci qui étaient de 600 francs CFA par enfant et par mois, sont passées à 2.000 francs.

Si les travailleurs viennent d’entamer leur bras-de-fer avec le pouvoir, la grève des étudiants de l’Université de N’Djaména dure depuis plus d’un mois. Dans la plus grande université du pays, les étudiants revendiquent le paiement de six mois d’arriérés de bourse et le blanchiment de l’année académique 2010-2011. Début octobre courant, face à l’indifférence du gouvernement, ils sont descendus dans la rue pour casser des véhicules. En réaction, le recteur Malloum Soultan a décidé la fermeture de trois facultés jusqu’à nouvel ordre.

Mercredi dernier, ils ont été reçus par le président Idriss Déby Itno, qui s’apprêtait à quitter Moussoro, dans le Nord du pays, où il est allé lancer la réorganisation de l’armée nationale.

« Nous sommes prêts à reprendre les cours, mais il faudrait d’abord que nos bourses soient payées », rappelle Freeman Sandjimbaye, secrétaire général de l’Union Nationale des Etudiants du Tchad (UNET).  

Le 14 octobre dernier, face à la presse, le chef du gouvernement a déploré « une résurgence de remous sociaux marqués par des agitations parfois surprenantes, tant les mobiles et les motivations de ces tensions ne se fondent sur rien de vraiment sérieux ».

Emmanuel Nadingar a accusé les étudiants, les retraités civils et militaires, les ex-travailleurs de TCC (une société sous-traitante d’Esso qui a cessé ses activités depuis plusieurs années) et les vendeurs de médicaments par terre d’être guidée par des politiciens.

« Cela est inadmissible. Le gouvernement tient ses engagements, mais ne peut agir efficacement sous pression. Que ce message soit entendu aussi par tous dans l’intérêt du pays! », a-t-il martelé.

 


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