Déclaration du Président Idriss Déby Itno à l’Assemblée Générale de l’onu

Monsieur le Président ;
Monsieur le Secrétaire Général ; Mesdames, Messieurs,

Monsieur le Président, la délégation tchadienne vous adresse ses chaleureuses félicitations pour votre élection à la présidence de la 66ème Session et vous assure de sa collaboration et de son soutien dans l’accomplissement de votre noble tâche.

idionu2011.pngMonsieur le Président, la délégation tchadienne vous adresse ses chaleureuses félicitations pour votre élection à la présidence de la 66ème Session et vous assure de sa collaboration et de son soutien dans l’accomplissement de votre noble tâche.Elle exprime également son admiration à votre prédécesseur, Monsieur Joseph DEISS, qui a présidé avec talent la session écoulée. Enfin, le Tchad rend hommage au Secrétaire Général, Son Excellence Monsieur BAN Kl MOON pour son action tant sur le front du développement que celui de la paix dans le monde. Nous lui réitérons nos vives félicitations pour sa réélection bien méritée pour un second mandat à la tête de notre Organisation. Monsieur le Président, Ma délégation se félicite du choix du thème central de notre débat général, à savoir « les vertus de la médiation pour le règlement pacifique des conflits ». Cette proposition cadre parfaitement avec notre vision politique, nos convictions et notre philosophie pour un monde harmonieux et égalitaire. C’est ainsi que nous avons apporté notre modeste contribution et soutenu les efforts de l’Etat de Qatar, de l’ONU et de la Communauté internationale en participant au plus haut niveau aux négociations et aux conclusions des Accords de Doha entre le Gouvernement soudanais et son opposition armée du Darfour.

Nous appelons de tous nos vœux, à une solution définitive de cette crise.

Pour cela, le Soudan a besoin d’être accompagné par toute la Communauté internationale afin que la paix et la sécurité reviennent sur l’ensemble du territoire et dans la sous région.

Par ailleurs, nous voudrions exprimer notre préoccupation face aux foyers de tension qui se multiplient dans le monde et qui sont parfois nés des grandes mutations qui ont cours, notamment dans certains pays du Proche et Moyen-Orient et au Maghreb, qualifiées de «printemps arabe».

Notre Organisation doit s’engager sans réserve aux côtés des parties en conflit pour la recherche des solutions par la réconciliation et le pardon. En plus des pertes en vies humaines au cours des drames que nous observons, il convient de relever les inévitables cortèges de réfugiés et de personnes déplacées en pareilles circonstances. Et qui dit réfugiés et déplacés, dit situation de dénuement et de souffrance pénible.

Nous sommes bien placés pour évoquer ce sujet puisque notre pays accueille dans sa partie Sud Ouest plus de 100.000 réfugiés centrafricains et dans sa partie Est plus de 290 000 réfugiés soudanais et 180 000 déplacés tchadiens. Ceux-ci y sont établis depuis 2003 dans des conditions environnementales et sociales précaires.

Nous en appelons à la solidarité de la communauté internationale pour nous aider à prendre en charge tous les déplacés tchadiens. Après le retrait définitif en mars dernier de la Mission des Nations Unies pour la Centrafrique et le Tchad, la MINURCAT, le Gouvernement tchadien a pris en main la protection des réfugiés et des déplacés ainsi que celle des organisations humanitaires qui leur viennent en aide, par une force spéciale composée entièrement d’éléments nationaux, appelée Détachement Intégré de Sécurité.

Il est souhaitable que nos partenaires poursuivent leurs efforts à nos côtés et les accroissent en appuis logistiques et financiers nécessaires au fonctionnement du Détachement Intégré de Sécurité.

Par ailleurs, à l’instar de nombreux pays du Sahel, le Tchad a enregistré le retour de Libye, dans des conditions périlleuses, près de 100.000 de ses ressortissants qui ont été contraints de quitter ce pays, dans le plus grand dénuement.

Je voudrais saisir cette occasion pour remercier l’Organisation Internationale pour les Migrations, les autres Institutions et tous les pays qui nous sont venus en aide dans les opérations de rapatriement et de prise en charge de nos ressortissants.
Notre souhait le plus ardent est que la Libye retrouve la paix pour que cessent les tueries et que les libyens se réconcilient autour du CNT afin de construire un Etat de droit et de démocratie.

Dans la construction de cette Libye nouvelle, nous attirons l’attention de frères libyens sur le sort de nos ressortissants qui ont contribué au développement de ce pays en tant que travailleurs et qui sont qualifiés parfois, sans discernement de mercenaires. En outre, nous exprimons nos plus vives préoccupations sur le sort de 400.000 Tchadiens bloqués en Libye. Nous invitons les nouvelles autorités libyennes à prendre des mesures urgentes en vue de concrétiser son engagement à protéger les populations tchadiennes.

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

Le Tchad tient également à partager avec notre auguste Assemblée ses appréciations sur les graves sujets de préoccupation commune de l’heure et dont certains sont l’objet de réunions se tenant en marge de la présente session. Il s’agit, pour la plupart, des problèmes qui mettent à mal la solidarité internationale.

Ceux-ci vont de la gestion des crises économique et environnementale à la situation sécuritaire dans nos régions. Ce sont là des sujets qui influent directement sur notre vie quotidienne de par leur tendance à ralentir considérablement, voire à freiner nos efforts de développement, surtout pour les pays sortant des conflits, comme le Tchad.

Les effets de ces crises compromettent sans nul doute la mise en œuvre de nos stratégies de développement et notre capacité à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement en 2015.

En ce qui concerne mon pays, le Tchad, qui a vécu des décennies durant, des agressions extérieures, comment peut-il atteindre ces Objectifs, s’il ne bénéficie pas d’un appui conséquent, notamment à travers l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés?

Nous avons, pour cela, appelé à plusieurs reprises au soutien des Institutions Internationales concernées.

Comme conséquence du changement climatique, nous enregistrons cette année au niveau du Sahel une mauvaise pluviométrie qui peut nous entrainer vers une catastrophe écologique et humanitaire, comme celle qui sévit depuis quelques mois dans la Corne de l’Afrique.

Nous saluons toutes les initiatives engagées par notre Organisation mondiale afin de susciter envers nos pays la solidarité internationale, à travers les tenues des Réunions de haut niveau et les Sommets, comme celui qui a eu lieu à Istambul en juin dernier sur les Pays les Moins Avancés, tout comme ceux à venir sur la lutte contre la Désertification en Corée et le Développement durable à Rio de Janeiro.

Monsieur le Président,

Au titre des autres actions majeures que nous avons engagées, figurent la gratuité des soins de santé d’urgence, de la santé de la mère et de l’enfant, des maladies transmissibles telles que le VIH/SIDA et le paludisme, ainsi que la gratuité dans l’enseignement public à tous les échelons.

La politique du genre ainsi que l’autonomisation de la jeunesse, par sa grande responsabilisation dans la gestion publique à tous les niveaux, demeure la pierre angulaire de notre vision d’un Tchad nouveau qui avance et qui gagne.

Enfin, de tous les défis, celui du développement durable reste une priorité absolue. Car, après la tenue au Tchad en juin 2010 du Premier Sommet sur le Programme de la Grande Muraille Verte par les Pays du Sahel, notre pays a organisé en octobre de la même année, le 8ème Forum Mondial sur le Développement Durable avec pour thème : Sauver le Lac Tchad.
Des Plans d’action issus de ces rencontres font l’objet d’une vulgarisation afin de susciter les concours conséquents à leur mise en œuvre. Nous réitérons ici nos appels à la communauté internationale pour qu’elle assiste les pays riverains du Lac Tchad à le sauver, car le monde doit savoir que de sa survie dépendent aussi, le bassin forestier du Congo.

Monsieur le Président,

Concernant la Palestine, cette question n’a que trop duré et ses conséquences sur la sécurité régionale et mondiale influencent chaque jour l’actualité.

Il y’a donc urgente nécessité d’un consensus international autour de la question des droits inaliénables du peuple palestinien.

Pour nous, il est venu le temps de la reconnaissance d’un Etat de la Palestine aux côtés de l’Etat d’Israël.

Il nous faut avoir le courage de franchir cette étape, essentielle pour faire avancer la paix entre les peuples israélien et palestinien. C’est pourquoi, j’invite tous les pays épris de paix et de justice à s’engager dans cette voie. Pour finir, nous voudrions une fois de plus revenir sur la reforme des Nations-Unies dont l’une des caractéristiques est la marginalisation d’une composante importante de l’humanité, à savoir les Africains.

Les Etats africains pris individuellement ou collectivement, sont aujourd’hui des acteurs incontournables du Système en matière de paix, de sécurité et de développement. Malheureusement, force est de constater qu’ils ne trouvent pas encore au sein de ce système toute la place qu’ils méritent, notamment du fait de leur mise à l’écart dans les initiatives de règlement de certains conflits qui menacent la paix et la sécurité du Continent.

La reforme de l’ONU est un impératif et il serait salutaire d’en accélérer la finalisation en tenant compte des revendications et aspirations légitimes des Africains, dont le souci majeur est la satisfaction du droit du Continent d’être représenté au Conseil de sécurité comme membre permanent avec droit de veto. C’est la seule manière pour l’Afrique de contribuer effectivement et efficacement à la prévention et au règlement des conflits, ainsi qu’au maintien de la paix dans le monde en général et sur le continent en particulier.

Je vous remercie.

 


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