Elections législatives tchadiennes: Le bal des ratés

Par: Hassana Djiddah Abdoulaye/ A l’approche des présidentielles et des législatives de 2011, la fièvre politicienne s’empare et suffoque l’actualité. En cascade, une lutte pour la survie se mijote dans la classe politique tchadienne. L’aube d’un suçoir aux alliances factices et nauséeuses se configure.

En 2011, après la célébration du cinquantenaire de l’indépendance, les Tchadiens seront convoquésà choisir leurs président de la République et représentants à l’Assemblée Nationale. D’ores et déjà, les campagnes pour les législatives sont déclenchées ; après la formation des alliances politiciennes et bidon. La dernière en date est celle du MPS- RDP- RNDP. Politiquement, celle-ci rend même les échéances présidentielles insensées, sans particularité. Non du fait du poids de deux leaders mais seulement de la finalité de cette alliance. Sans surprise, le Président IDI remportera avec un score à la burkinabaise. A priori, les dés sont déjà joués, surtout avec cette énième et nouvelle alliance. Pour nombre d’esprits éclairés, les chances de l’opposition politique, si elle existe encore, demeurent infimes. Rien n’arrêtera la marche du tandem Lool- Kascou- Deby en vue de « fortifier la vie politique tchadienne » et « de partir en rangs serrés à la conquête de nouvelles majorités ». Une alliance plus conjecturelle que circonstancielle.

Les raisons d’une alliance : la prophétie du casse- croûte

Pour le VIVA RNDP,point de surprise dans cette alliance. C’est alignement du RDP  au parti de Bamina qui épate plus d’un. Mais cela n’a rien d’étonnant pour une formation en perte de vision. Certainement le Président Lool a compris qu’il n’est plus présidentiable. En partant du découpage territorial, la raison de cette alliance trouve une justification. Le RDP reste menacé par le MPS dans son propre fief, la région du Kanem. Parce qu’à part Mao qui lui est acquise, cela reste encore hypothétique et à démontrer, Mondo et Nokou voteront 100% pour IDI. 1ère leçon comprise. Puis s’accumulent les dissensions qui ont secoué et affaibli la formation de Lool. Le RDP/R est aussi un sérieux concurrent dans la région du Kanem. Même avec cette alliance, la formation de Lool n’est à l’abri d’une débâcle électorale. 2ème leçon comprise. Lors des élections de 1996, le RDP a suscité autant d’espoir. Des contribuables ont mis la main dans la poche pour financer les campagnes de leur candidat dans l’espoir d’être remboursés quand Lool sera au trône. Vaine vision sous l’ère Deby. Des années ont passé et nombre de ces contribuables bailleurs se sont appauvris. Certains ont fermé boutiques et échoppes et d’autres ont vendu concessions et parcelles afin de joindre les deux bouts. Après cette désillusion, le RDP a perdu en partie son électorat, surtout les financiers et certaines têtes grises. Grâce à cette nouvelle alliance avec le parti de l’oriflamme,  le RDP aura de quoi  récompenser ceux qui lui étaient fidèles et de transformer les anciens barons et bailleurs appauvris en des députés, gouverneurs, préfets, maires et autres.  Ce retour en force ne prédit rien pour la formation de RDP, par contre il  donne raison à l’aide dissidente sur son choix de s’aligner derrière IDI.  Ici, à fortiori, s’y trouve aussi la source de survie de RDP.

Le choix d’une bataille perdue

Tout comme Kascou, Lool sait pour cette élection présidentielle, ses chances sont minimes. Et il ne sert à rien d’errer et d’être déclaré malheureux au finish. D’ailleurs, cela s’avère une vérité canonique pour une opposition démocratique esseulée qui peine à se mettre dans la danse. Vu son opiniâtreté, son audace, cette classe est en face de ses limites. Ce qui reste est de savoir qui accompagnera le président IDI comme Kascou n’est partant.  Certainement des faire- valoir, il en manquera pas.

Il suffit d’analyser le comportement de certains leaders pour comprendre l’aspiration des autres. Hésitation et méfiance dans les QG. Il peut y avoir une fausse note. Celle- ci ne peut venir que de Yorongar, qui depuis fort longtemps, joue le jeu du pouvoir. Inutile toute référence. Son verbe n’est plus hypnotisant du fait de son indifférence caractérielle et de son éloignement de la réalité tchadienne. Le mieux, pour lui,  est de prendre position, tout en défendant son fédéralisme. Le conseil d’un Kascou, d’un Lool, voire d’un Djasnabaille n’est une parole vaine pour le chantre de l’Etat fédéral tchadien.

A l’approche des échéances électorales, le subterfuge de Kascou et de Lool n’a rien de déraisonné. Sinon il refleurit une fois de plus leur formation, surtout le RDP. Cette subsidiarité,  qui ne dit pas son nom, restera profitable à tous et donnera du poids au candidat IDI. Avec un RDP et VIVA RNDP, en rang serré, le MPS remportera dès le 1er tour. Et les autres ? Archi- battus.

Dans ce fatras, typiquement tchadien, 20 ans après les analyses et constats sont les mêmes. On dirait, de fois que les politiques tchadiens ne se soucient que pour leurs panses. La particularité d’un tel comportement, ce que les vieux, malgré leur âge, apparaissent encore, si intelligents qu’une hyène édentée. Ils savent se placer du bon côté de l’Harmattan. Quoi de mauvais à l’approche de l’orage de protéger ses poulains  contre la foudre. C’est la vision des faiseurs des rois. Entretemps, la « démocratie » tchadienne régressera, et peu à peu, les partis politiques s’effondreront dans le parti de Bamina. La preuve, ils sont plus motivés pour les législatives que les présidentielles.

 


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