Archive pour 19 janvier, 2011

AFFAIRE HISSENE HABRE: le Sénégal sommé de respecter la convention contre la torture

Le Sénégal doit « soit juger Habré, soit l’extrader », a rappelé, le 12 janvier, le comité des Nations Unies contre la torture, dans une lettre adressée à l’Etat du Sénégal.

Le Sénégal avait, en effet, évoqué un problème de financement de ce procès qui nécessite 27 millions d’euros. Sur ce, l’AFP nous apprend que de nombreux bailleurs de fonds (Union européenne, UA, Tchad, Belgique, Pays-Bas, etc..) s’étaient engagés, fin novembre, à apporter 8,5 millions d’euros pour les frais d’organisation du procès à Dakar.

Cependant, RFI annonce que le Commissaire chargé de la paix et de la sécurité de l’Union africaine, vient de proposer la mise en place de chambres spéciales au sein du système sénégalais, avec quelques juges nommés par l’Union africaine, dans la limite des fonds débloqués par la communauté internationale.

Rappelons que le président Sénégalais, Me Abdoulaye Wade, avait affirmé au mois de décembre 2010, dans un entretien avec la chaîne de télévision France 24 et la Radio France Internationale (Rfi), qu’il « n’est pas possible qu’un grand continent comme l’Afrique n’arrive pas à trouver un pays pour juger un Africain ».

Source: ladepechediplomatique.com

Quand la France détruit sa propre image

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A la lumière de l’actualité de ces derniers jours, il devient maintenant nécessaire  de se demander si la France est toujours la patrie des droits de l’homme comme elle aime le proclamer tout haut. On ne coupe pas les  têtes des gens en France, il n’y a pas  d’arrestations arbitraires (pourvu que ça dure !). La France est  toujours un pays qui a tant  des liens avec de nombreux Etats. Elle est passée de la puissance coloniale à l’allié responsable, ou pays ami, en tout cas elle a toujours son mot à dire sur ce qui se passe ailleurs, surtout quand il s’agit de ses anciennes colonies. La France aime bien se comporter en donneur de leçons, en défenseur des droits de l’homme. Mais quand c’est à son tour de recevoir en pleine face ces mêmes leçons, le coq gaulois chante tout son vocabulaire de la langue de Molière pour recadrer celui ou celle qui a osé lui reprocher quoi que ce soit. C’est ce que nous avons vécu l’été dernier avec le cas des Rom, du débat sur l’identité nationale, de la stigmatisation des étrangers avec le discours de Grenoble du président de la République. Ceci c’est ce qui s’est passé en France, c’est ce que les médias ont montré et tout le monde a fait son commentaire on a dit  tout et n’importe quoi, eh bien, la liberté d’expression oblige. Revenons plutôt sur les rapports entre la  France et certains pays dont les simples noms des dirigeants font frémir la population.

La France et sa diplomatie parallèle.

Les relations entre la France et certains dirigeants africains ne sont pas acceptables pour un pays qui se veut garant des droits de l’homme. Les bases de l’armée française dans les pays africains en dit long. En 2006  l’attaque contre les rebelles par l’armée française au Tchad pour protéger l’ami Idriss Debi est plus qu’une ingérence dans les affaires intérieures de ce pays. Omar Bongo s’était même payé la tête de Jean-Marie Bockel car celui-ci voulait signer l’acte de décès de la françafrique, ce qui n’était pas du goût de Bongo et Nicolas Sarkozy n’avait plus qu’à virer le secrétaire d’Etat chargé de la coopération. Le financement des partis politiques français par l’argent détourné par les dictateurs africain est à dénoncer. 

Le rôle que doit jouer normalement la France

Par rapport au titre du pays de droits de l’homme qu’elle se donne la France devrait normalement défendre justement les droits de l’homme et non des intérêts économiques dans ses anciennes colonies et même ailleurs. Elle doit plutôt encourager et soutenir les jeunes  de ces pays dans leur lutte contre les dictateurs et leur accompagner dans leur désir de la démocratie. Cela est vraiment convenable pour un pays qui veut hisser très haut l’étendard des droits de l’homme. La France aurait dû réagir contre les tirs à balles réelles sur la population tunisienne. Elle a plutôt préféré se taire pour ne pas vexer l’ami Ben Ali et elle n’a pas pu lâcher le mot « dictature » pour qualifier le régime de l’ancien président tunisien. 

(suite…)

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