Archive pour 24 décembre, 2010

Tchad : la comédie, prélude à la paix

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L’Association tchadienne pour la non violence s’en sert pour sensibiliser éleveurs et agriculteurs

Les conflits entre éleveurs et agriculteurs minent la société tchadienne depuis la guerre civile de 1979. L’Association tchadienne pour la non violence (ATNV) utilise le théâtre pour tenter de les juguler.

Il était une fois au Pays de Toumaï, deux communautés, à savoir éleveurs et agriculteurs, qui vivaient en parfaite harmonie. Les premiers quittaient le Nord du pays à la recherche de verts pâturages dans le Sud. Ils se rendaient alors auprès du chef de canton pour lui demander la permission d’occuper une partie d’un terrain pour nourrir leurs bêtes. Leurs relations avec les cultivateurs étaient alors au beau fixe. « Tout bascule avec la guerre civile de 1979 [1] ». Les réminiscences de ce conflit perdurent dans la société tchadienne. « Les éleveurs, à majorité musulmans, et les agriculteurs, pour la plupart chrétiens, se regardent en chiens de faïence depuis ». L’Association tchadienne pour la non violence (ATNV), basée à Moundou, dans le Sud du pays, et dont Djasnabeye Mbaindo est le chargé de communication, s’est fixée pour mission de permettre aux communautés de retrouver l’harmonie d’antan.

Des populations instrumentalisées

Les 25 départements où interviennent l’ATNV

« Les traditions africaines et, notamment tchadienne, sont avant tout basées sur l’oralité. Par conséquent, les pièces que nous faisons permettent de montrer et de faire réfléchir les gens à ce qu’ils font au quotidien. Nos contes permettent ainsi de transmettre des messages aux jeunes tout en restant ancré dans la tradition. » Au cœur du dispositif de l’association : une troupe de 15 musiciens, baptisée La Colombe, et de 15 comédiens. Elle est formée par des jeunes lycéens et universitaires qui fréquentent le centre Martin Luther King, le siège social ATNV, où se tiennent plusieurs activités culturelles. Les artistes en herbe sont ensuite formés à la démarche de l’association. Ils sillonnent 25 départements du Tchad, d’Abéché à l’extrême Sud du pays. Le Nord étant peu accessible, notamment à cause du conflit au Darfour, dans le Soudan voisin. L’ensemble se produit dans les zones rurales aussi bien en français, en arabe que dans les langues traditionnelles du pays. Modus operandi des artistes pour la paix : « Le groupe musical s’installe, raconte Djasnabeye Mbaindo, et commence à jouer sur le thème de la non-violence. Ce qui attire les gens ». La pièce de théâtre est alors jouée. Elle s’inspire du quotidien des villageois et suscite le débat après sa présentation. Les thèmes évoqués sont pour la plupart relatifs à la cohabitation entre éleveurs et agriculteurs. Notamment le fait que les forces de sécurité enveniment la situation. D’une part, parce que « les grands officiers de l’armée sont également issus du Nord du fait des conflits qu’a connus cette partie du pays », explique Djasnabeye Mbaindo. D’autre part, parce que « les chefs de brigades, auxquels font appel les populations en cas de conflit, les escroquent ».

 

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Pour un Tchad nouveau ! Message de Noël des évêques du Tchad

ROME, Vendredi 24 décembre 2010 – Construire un avenir meilleur en faisant un « sérieux examen de conscience » et en tirant les leçons des cinquante années passées : c’est ce que souhaite la Conférence épiscopale du Tchad (CET) qui, en cette année 2010, centre son message de Noël sur « les ingrédients » qui peuvent faire de son pays « un Tchad nouveau », comme l’indique l’intitulé de ce message qui s’inscrit dans la perspective de la célébration du cinquantenaire de l’accession du Tchad à la souveraineté internationale.

messagedenoldesvquesdutchad.jpgCe message renferme une série d’appels aux citoyens et citoyennes du Tchad à relever de « grands défis », pour « la promotion humaine et sociale de tous ».

Les questions de la terre et de la propriété foncière, celles d’une meilleure gouvernance, de l’éducation, de la santé, d’une justice équitable ainsi que la réconciliation des tchadiens, occupent une place de choix dans ce message qui stigmatise également le phénomène de la corruption, « un mal qui gangrène le Tchad », a souligné Mgr Bouchard, lors de sa présentation, le 13 décembre dernier.

« Certains tirent profit de la situation actuelle mais la majorité de la population en subit les conséquences et risque de sombrer dans le découragement le plus total. Est-ce cela que nous voulons ? », s’interrogent les évêques tchadiens.

Ils rappellent que la corruption « est criminelle » devant la loi, et qu’elle doit donc être punie, mais qu’elle est aussi « inconciliable avec la religion », ajoutant que la « piété » ne saurait se réduire « uniquement à la prière et au culte », mais « doit imprégner toute la vie ».

Les évêques tchadiens reconnaissent les apports de l’indépendance du pays, il y a 50 ans, tels que la prise de conscience de la citoyenneté tchadienne, l’émergence de la société civile, l’affirmation de la liberté d’expression, les efforts pour une plus grande démocratie et pour un mieux-être social, mais déplorent que ceux-ci aient très vite été assombris par « des abus de pouvoir » qui, provoquant rebellions puis guerres et fractures ethniques, ont favorisé « le repli sur soi, suscité des haines, et empêché le pays de progresser ».

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