Soudan: Omar el-Béchir attendu mercredi au Tchad

omarelbechir.jpgN’DJAMENA – Le président soudanais Omar el-Béchir, sous mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), est attendu mercredi à N’Djamena, pour le sommet de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad), a annoncé mardi à l’AFP une source à la présidence tchadienne.

« Dans le cadre du sommet de la Cen-Sad, le président Omar el-Béchir est attendu ici demain (mercredi) à 17H00 (16H00 GMT) pour prendre part au sommet qui se tient jeudi », a déclaré cette source officielle, sans plus de détails.

Outre M. el-Béchir, plusieurs dirigeants en provenance des 28 pays membres de la Cen-Sad sont attendus pour ce sommet à N’Djamena, d’où la plupart se rendront ensuite à Kampala, en Ouganda, pour le sommet de l’Union africaine, selon le programme officiel.

Le premier arrivé dans la capitale tchadienne a été le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Il s’est déplacé pour l’occasion avec deux avions et une importante délégation, et a été été accueilli à l’aéroport par le président tchadien Idriss Deby Itno mais les deux hommes n’ont pas fait de discours.

Plus tôt mardi, des responsables soudanais avaient indiqué à l’AFP à Khartoum que le président el-Béchir devait se rendre mercredi à N’Djamena pour le sommet de la Cen-Sad. Un de ces responsables avait toutefois précisé: « la décision finale n’est pas encore prise ».

Ce déplacement serait le premier d’Omar el-Béchir dans un pays reconnaissant la juridiction de la CPI, d’après des responsables soudanais.

Ses voyages sont l’objet -selon les destinations- d’une grande discrétion depuis l’émission en mars 2009 d’un mandat d’arrêt de la CPI à son encontre, pour crimes de guerre et contre l’humanité au Darfour (ouest).

La CPI a délivré la semaine dernière un second mandat d’arrêt, cette fois pour génocide, toujours au Darfour, région de l’ouest du Soudan en proie depuis 2003 à une guerre complexe à l’origine de 300.000 morts selon les estimations de l’ONU -10.000 d’après Khartoum- et 2,7 millions déplacés.

Le Tchad est signataire du Statut de Rome, acte fondateur de la CPI, en vertu duquel il est tenu d’arrêter des personnes sous mandat d’arrêt sur son territoire.

Le président Deby avait effectué en février une visite historique à Khartoum dans le cadre d’un processus de normalisation des relations entre les deux voisins après cinq ans de guerre par groupes rebelles interposés.

Le nouveau chef de la diplomatie soudanaise Ali Karti s’est rendu lundi à N’Djamena où il a fait état de « l’évolution très positive » des relations entre les deux voisins depuis la visite à Khartoum du président tchadien Deby, a rapporté mardi l’agence officielle Suna.

 

 ———————————

 

Soudan: Béchir sur le point de voyager au Tchad, la rébellion tchadienne plie bagage

KHARTOUM — Le Soudan a expulsé mardi les trois ténors de la rébellion tchadienne en préparation de la visite mercredi du président Omar el-Béchir au Tchad, son premier voyage dans un pays reconnaissant la Cour pénale internationale (CPI) depuis l’émission d’un mandat d’arrêt contre lui.

 

« Je confirme. Ils ont quitté le Soudan mardi soir. Les trois chefs, Timan Erdimi, Mahamat Nouri et Adouma (Hassaballah) », a dit à l’AFP Abderaman Koulamallah, porte-parole de l’Union des forces de la résistance (UFR), coalition de la rébellion tchadienne qui avait fait du Soudan sa base arrière.

Selon des sources proche du dossier, les trois hommes se sont envolés mardi en soirée vers Doha, au Qatar.

Cette expulsion intervient à la veille d’une visite du président Béchir au Tchad où il doit assister au sommet de la Communauté des pays sahélo-sahariens (Cen-Sad).

Le Tchad et le Soudan ont mis fin en février à cinq ans de guerre par groupes rebelles interposés. N’Djamena aidait pendant ces années la rébellion du Darfour (ouest) hostile au raïs Béchir alors que Khartoum appuyait les rebelles tchadiens qui rêvent de déloger le président tchadien Idriss Deby Itno du pouvoir.

Le président tchadien, qui s’est rendu à Khartoum en février, avait expulsé en mai Khalil Ibrahim, le chef du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour.

« Après l’expulsion de Khalil Ibrahim (par le Tchad), c’était au tour des Soudanais de respecter leur part du contrat », a expliqué un autre responsable au sein de la rébellion tchadienne.

Omar el-Béchir est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) depuis mars 2009 pour crimes de guerre et contre l’humanité au Darfour, région de l’ouest du Soudan en proie depuis sept ans à une guerre civile à l’origine de 300.000 morts selon les estimations de l’ONU. La CPI a émis la semaine dernière un second mandat pour génocide.

Le Tchad a ratifié le statut de Rome, acte fondateur de la CPI, et est en théorie tenu d’arrêter le raïs soudanais s’il voyage sur son territoire.

« Le président (Béchir) doit se rendre mercredi et jeudi à N’Djamena, à la conférence des chefs d’Etats de la Cen-Sad », a dit un haut responsable soudanais sous le couvert de l’anonymat. « Dans le cadre du sommet de la Cen-Sad, le président Omar el-Béchir est attendu ici demain (mercredi) à 17H00 (16H00 GMT) pour prendre part au sommet qui se tient jeudi », a confirmé à l’AFP une source à la présidence tchadienne.

« Le président Béchir doit montrer qu’il a effectué sa part du travail et donc que les chefs de la rébellion tchadienne ne sont plus au Soudan s’il se rend au Tchad », a ajouté un diplomate suivant de près ce dossier. « Les Soudanais sont vraiment dans une phase d’éradication de la rébellion tchadienne », a-t-il dit.

« La lutte continue, cela (expulsion des chefs de la rébellion) ne change en rien notre volonté… Notre volonté n’est pas de rester à l’étranger mais d’aller au Tchad. Nos forces entreront dans le territoire tchadien, cela ne dépend pas du Tchad ou du Soudan mais de notre propre volonté », a souligné le porte-parole de la rébellion tchadienne.

Selon des sources diplomatiques, le Tchad a proposé à certains membres de la rébellion des négociations afin de les rallier au pouvoir. « Aucune négociation ne peut se faire sans les chefs. Si le pouvoir tchadien veut des ralliements, il en trouvera mais cela n’apportera pas la paix », a prévenu M. Koulamallah.

 


Répondre

PETIT JOURNAL DES SOUVENIRS... |
c218 |
Planète : nature et animaux |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | La psychologie
| analyses, contestations pol...
| .:| нρoт&#...