Haroun Kabadi conseiller spécial du Président de la République: Que retiendrons-nous de l’affaire des manuels scolaires ?

harounkabadi1.jpgQuel ne fut pas notre étonnement d’apprendre la nomination de Haroun Kabadi comme conseiller spécial du président de la République ! Après tant de tapage médiatique sur cette affaire de détournement au ministère de l’Education nationale, qui a éclaboussé bon nombre de nos hautes autorités, l’opinion tchadienne ne peut que constater la mort certaine de la poursuite judiciaire engagée contre les accusés.

Dans cette affaire des manuels scolaires qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive, et que plus d’un milliard de Fcfa est parti dans les poches des individus sans foi ni loi, les Tchadiens en général ont beaucoup apprécié la volte-face du président Idriss Déby Itno. Tous, on avait cru au retour de la justice et à l’enclenchement d’une vraie lutte contre les pilleurs des deniers publics. Aujourd’hui,  force est de constater qu’au Tchad, nous sombrons souvent dans des discours politiques circonstanciels et sensationnels. Du vrai bluff quand on sait qu’il n’y a jamais eu des arrestations sincères. Et pour le besoin de la cause, on crée des événements inattendus et on les récupère politiquement. Personne n’est dupe. Pour preuve, après la rocambolesque arrestation de quelques têtes d’affiche des départements ministériels, l’heure des élections approche. Il faut donc libérer ces poids lourds du MPS pour négocier à temps le suffrage de ceux-là qu’ils représentent dans leur région. Maintenant que Jacques Haroun Kabadi est relaxé et en même temps réhabilité avec un poste de Haute Consolation comme Conseiller Spécial à la présidence de la République, pourra-t-il conseiller sincèrement et honnêtement, surtout autrement Pédro pour cette fois-ci ?

Sachant aussi que le député fuyard, considéré comme le témoin oculaire dans l’affaire des manuels scolaires, n’étant pas là, le dossier reste vide. Nul doute que ceux qui sont restés à la Maison d’Arrêt de N’Djaména recouvreront la liberté eux aussi.

Nous ne sommes contre personne mais nous avions souhaité voir la justice aboutir à un jugement équitable et crédible. Qui peut aujourd’hui s’attendre à un bilan positif de la part du ministère de l’Assainissement public et de la Promotion de la bonne Gouvernance s’il n’existait pas une machine de répression.

L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on, et le fait de flageller comme le font en permanence nos donneurs de leçons ne rend pas indépendante notre justice. Le Tchad est le résultat d’un formidable déséquilibre où les responsabilités demeurent entre les mains de ceux qui décident.

Le comble de malheur, c’est de voir cette vision de détournements et de l’assurance de l’impunité se perpétuer des années encore. Ah ! Comme nos dirigeants sont humanistes, il faudrait une bonne dose d’abnégation et de sacrifice pour abandonner en prison les amis qui vivaient une vie confortable.

 


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