14 Juillet: 13 contingents militaires africains sur les Champs Elysées

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 La Françafrique version Sarkozy

Les bidasses du Niger, Burkina Faso, Tchad, Mali, Sénégal, Congo, Gabon, Cameroun, République centrafricaine, Mauritanie, Togo, Bénin, Côte d’Ivoire et Madagascar, à l’ouverture du traditionnel défilé du 14 Juillet sur les Champs Elysées, voilà qui ne manque pas d’audace pour un ex-pays colonisateur pour célébrer l’émancipation de son précarré sur lequel il a toujours mainmise.defil14juilletparis2010.jpg

Le clou du traditionnel défilé français : 13 contingents d’armées africaines battant le pavé des Champs Elysées ! Sarkozy se défend de refonder les relations de la France avec ses anciennes colonies. Quel cynisme quand on observe la double dimension de sa politique vis à vis de l’Afrique : la prédation au niveau économique avec destructions de l’environnement et une politique migratoire, qui traite les Africains en boucs émissaires. Le président français, qui est devenu es qualité en matière de provocations sur le sujet sensible de la mémoire chez les peuples qui ont subi le joug colonial français, a voulu frapper fort pour le cinquantenaire des indépendances africaines.

Outre une série de commémorations et de festivités en France, confiée au chiraquien Jacques Toubon, ancien ministre de la Culture et président de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, et à un certain Hubert Falco, l’homme lige de la françafrique, en apothéose donc ce défilé en présence de 13 chefs d’État du carré africain de la France. Si Sarkozy a pensé tourner la page des polémiques sur le “rôle positif” de la décolonisation ou, référence à un discours controversé son discours à Dakar, la capitale sénégalaise, sur “l’homme africain pas suffisamment entré dans l’histoire”, c’est raté. Les populations africaines ne sont pas dupes. Et puis, des armées africaines remontant les Champs Elysées n’est pas du tout exempt d’arrière-pensées. La société civile camerounaise qui en a dénoncé l’initiative a vu probablement plus juste. D’abord, Sarkozy n’a-t-il pas tourné le dos à sa promesse électorale de mettre au placard le système de la françafrique, sitôt installé à l’Elysée ? Il s’était rapidement débarrassé d’un secrétaire d’État qui l’avait pris au sérieux  jusqu’à distribuer des mauvais points aux membres africains de la françafrique.
Et la cellule africaine de l’Elysée de reprendre sa place, taillée par Charles de Gaulle dans les années des indépendances africaines et affinée et couvée par Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand et Chirac.
Sarkozy a donc repris le livre pour y inscrire son chapitre. Relations privilégiées avec les régimes, au détriment des intérêts des populations africaines et de la démocratie, pillages des richesses nationales, dans le fond comme dans la forme, quitte à cultiver la nostalgie postcoloniale. Les bidasses du Niger, Burkina Faso, Tchad, Mali, Sénégal, Congo, Gabon, Cameroun, République centrafricaine, Mauritanie, Togo, Bénin, Côte d’Ivoire et Madagascar, à l’ouverture du traditionnel défilé du 14 Juillet sur les Champs Elysées, voilà qui ne manque pas d’audace pour un ex-pays colonisateur pour célébrer l’émancipation de son précarré sur lequel il a toujours mainmise.
Les oppositions des pouvoirs de ces pays n’ont pas manqué d’’interpeller la France pour son offre de faire parader le jour de sa fête nationale, et accessoirement de “la liberté dans le pays des droits de l’homme”, des troupes dont certaines se sont récemment illustrées dans des coups d’État, comme au Niger ou encore à Madagascar. Embarras à l’Elysée où Sarkozy croit avoir trouvé la solution.
Nous rendons hommage aux pays avec lesquels la France a une histoire commune, aux peuples qui ont combattu à ses côtés durant la Seconde Guerre mondiale, pas aux régimes politiques actuels. Quant à la présence des 13 chefs d’État, elle aura été, a-t-on soufflé, conditionnée à la mise sur les rails d’un processus consensuel et démocratique dans leur pays (!).
Mais la réalité : ces pays africains, anciennes colonies françaises, sont toujours en proie à la présence de groupes mafieux couverts par une France-à-fric toujours présente en Afrique à travers ses rouages bien établis et ses idéologues, Guéant, Bourgi et tout le staff de la cellule élyséenne françafrique. Au-delà de la françafrique,  Sarkozy, en faisant défiler des armées africaines devant son armée, se place dans la perspective de sa double présidence du G20 et du G8 fin 2010, qu’il souhaite mettre à profit pour redorer son blason politique après les débâcles qu’il  subies chez lui. Il a besoin de l’Afrique, qui représente 25% des pays membres de l’Onu.
À son sommet France-Afrique tenu à Nice en juin, le président français n’avait pas lésiné sur les promesses, les engagements et les petites phrases pour flatter les dirigeants du continent africain, répétant qu’il allait “faire une place à l’Afrique” dans les enceintes internationales, notamment le Conseil de sécurité de l’Onu. La Côte d’Ivoire manque au tableau de chasse de Sarkozy.
Ce pays lave l’honneur des ex-colonies, d’autant qu’il a été l’enfant chéri de la françafrique. L’armée de Gbagbo avait bombardé une position française à Bouaké en 2004. Une absence qui illustre néanmoins l’érosion de la position française dans son précarré africain.

 


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