La vérité sur la disparation d’Ibni Oumar Mahamat Saleh: L’Assemblée française s’implique à l’enquête

ibnioumarmahamatsaleh.jpgDepuis la disparition après les événements tragiques du 2 février 2008, de l’opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh, président du parti pour les libertés et le développement (PLD) et porte-parole du collectif de l’opposition pour la défense de la constitution, (CPDC), un tableau sombre de la vie politique tchadienne a été dressé çà et là. Beaucoup d’encre et de salive ont coulé pour évoquer le contour des tenants et des aboutissants de cette affaire qui a éclaboussé plus d’un dans l’appareil politique du Tchad.  

Pas d’écho ces derniers temps sur le cas de l’opposant. Pris pour mort par les Tchadiens, mais aucune trace ne peut être suivie. La seule piste est alors celle du disparu. Combien de temps durera ce qualificatif du disparu avant de connaître le sort de cet homme vif ou mort, se demande un grand nombre de Tchadiens.  

La commission d’enquête, créée, n’a pas statué clairement sur cette situation et elle n’a indexé ni une personne, ni une institution, afin que la clarté soit établie. Les autorités sont toujours muettes sur  cette affaire. Le collectif dont il est issu ne peut lever le petit doigt, même pas les érudits de la justice censés se prononcer sur cette disparition.  

Récemment, l’assemblée française a voté à l’unanimité, pour demander la participation de la communauté internationale au comité restreint de suivi comme le stipulaient les conclusions de la commission d’enquête  sur l’affaire Ibni. Le gouvernement tchadien vient donc de donner son accord de principe pour que les observateurs internationaux participent et voir si oui ou non une enquête a été diligentée, avec des moyens adéquats.

Pour les autorités tchadiennes, cet accord n’a été obtenu sous aucune pression. Pour certains, c’est à la suite d’une mobilisation internationale et notamment du président français Nicolas Sarkozy, qu’une commission d’enquête tchadienne a vu le jour. Elle a rendu ses conclusions en septembre 2008, sans arriver clairement aux conditions de la disparition du président du PLD. Cette commission a recommandé au gouvernement tchadien la création d’un comité de suivi où serait représentée la communauté internationale, afin d’approfondir l’enquête.  

Pour  le député socialiste français, Gaëtan Gorce, auteur de la proposition, à l’assemblée française, c’est l’application des conclusions de la commission d’enquête, qui demandaient au gouvernement tchadien d’instituer, le comité restreint de suivi, avec représentation des observateurs internationaux de la communauté internationale. Interrogé par la radio France internationale, Gaëtan Gorce a fait savoir qu’il est incompréhensible que dans un pays où la France exerce une grande influence, un homme tel qu’Ibni Oumar ait disparu au nez et à la barbe des autorités diplomatique et militaire françaises. Se prononçant sur cette question , le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a dit que la France a fait tout ce qui était en son pouvoir pour faire aboutir l’enquête sur les événements du 2 février 2008.   

 Le Chef de la diplomatie française d’ajouter,   qu’il ne faudrait pas que, sous couvert d’excellents sentiments, galvauder les progrès accomplis par ce pays  qui consolide son Etat de droit. Pour Kouchner, il est normal de demander que justice soit faite, mais il serait absurde d’interférer sur le cours de la justice d’un Etat indépendant.  

Le débat sur le cas Ibni Oumar va tous azimuts. D’abord le gouvernement tchadien qui a mené une enquête et qu’on lui demande encore davantage, les familles du disparu, que ça soit de lien qui réclament son deuil, si Ibni Oumar est déclaré mort, ou politique qui recherche la restauration de la vérité, la France avec qui, le parti de l’opposant s’accointe, et dont la présence surtout militaire, peut influer. L’opinion publique, qui veut savoir ce qui s’est passé.  

L’arrivée des observateurs internationaux, pourra-t’elle apporter un sang neuf à ce dossier qui est aujourd’hui relégué au second plan dans les conversations, depuis que les Tchadiens se sont rendus compte que le cas Ibni n’est pas le seul, plusieurs centaines d’autres Tchadiens ont perdu la vie et personne ne dit un mot pour le grand repos de leur âme, ou pour la consolation de leur parents.  

Seul murmure qui subsiste aujourd’hui, est l’éternelle question, pourquoi son collectif politique, CPDC a cessé de réclamer que justice soit faîte et participe au gouvernement, en consentant de gré l’offre soumise et oubliant le porte-parole ? Cette question restera longtemps sans réponse fiable, sauf peut-être celle d’un groupe d’observateurs de la vie politique tchadienne convaincus que la politique du ventre qui concerne la plupart de nos politiciens, mais non la politique objective et orientée. 

Sur une situation politique et sécuritaire du Tchad, qui touche son intérêt « direct », l’assemblée française interpelle nos autorités. Il s’agit d’une politique d’extension coloniale ou alors une mainmise de la puissance coloniale, s’interroge un observateur national de la vie politique. Un autre se demande, pourquoi maintenant ? L’Hexagone dissimule-t-elle une manœuvre inavouée, voire dilatoire ?  

L’ultime dans cette affaire, la vérité doit refaire surface, pour que cette affaire prenne fin et chacun de ceux qui sont impliqués dans l’affaire tire son épingle du jeu, pour que les familles (de lien et politique), ainsi que l’opinion politique tchadienne soient situées.   

 


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