Tchad : La survie quotidienne devient un casse-tête chinois

 

tchad.jpgSe nourrir, se soigner… aujourd’hui, au Tchad, relève d’un véritable parcours du combattant. La  Majeure partie de la population baigne dans l’extrême  pauvreté alors  que le pays regorge d’énormes potentialités agro- pastorales et produit du pétrole. Les prix des produits de première nécessité grimpent du jour au lendemain mais les revenus restent généralement faibles.

 

“ Nous allons cesser de manger la boule parce que tout est cher. En ce mois de février, le sac de maïs ou du mil coûte 22 000Frs alors que les récoltes viennent de s’achever ; qu’allons nous faire en période de soudure ? “ Ces propos alarmants de Rosalie, devant les étals de céréales dans un marché de Ndjamena, expriment toutes les difficultés que rencontrent nombre de ménages à faible revenu. La situation va certainement s’aggraver dans les mois à venir parce que la campagne agricole 2009-2010 est déficitaire. Dans une déclaration radiotélévisée, le ministre de l’Agriculture, Naïmbaye Lossimian a tiré la sonnette d’alarme, le 12 février dernier, en annonçant : ‘’ un déficit céréalier de 34% par rapport à l’année précédente  et que deux millions des tchadiens seront touchés par la famine en 2010’’.

 

La flambée des prix concerne aussi les autres produits comme la viande, le poisson, l’huile, l’oignon qui ont vu leurs prix doublé. Concernant la viande et le poisson, les pouvoirs publics ont tenté d’imposer la vente à la pesée afin de maitriser le prix et empêcher les spéculations mais les commerçants n’ont pas obtempéré.

 

Ce qui fait grincer beaucoup plus  les dents dans les foyers  est l’énergie domestique. Le bois de chauffe et le charbon de bois sont, traditionnellement, les sources d’énergie pour les ménages. Le gouvernement, au nom de la protection de l’environnement, a interdit le charbon  qui est produit  généralement à travers le bois vert. Le bois de chauffe est cependant autorisé et l’utilisation du gaz butane  est aussi encouragée. Malheureusement, le bois de chauffe, devenant de plus en plus rare, se vend très cher ; le gaz butane (dont la bouteille de 6 kg coûte environ 30 000 et rechargeable à 2 500 FCFA) est inaccessible à la majeure partie de la population dans un pays où le SMIG est de 28 000 FCFA (environ 42 EUROS).

 

Certains indicateurs parus dans la SNRP2 (Stratégie Nationale de la Réduction de la Pauvreté), élaborée en 2008, ont montré que la pauvreté touche un grand nombre de Tchadiens : 55% vivent en dessous du seuil de la pauvreté avec 396 FCFA/Jour (moins d’un dollar).

 

S’agissant de logement, la situation n’est pas non plus reluisante. Le coût très élevé de matériaux de construction et l’absence de tout mécanisme de crédit au logement rendent difficile l’accès à la propriété et au loyer. La deuxième enquête sur la consommation et le secteur informel au Tchad (ECOSIT2) de 2004 a fait état d’environ 90% de Tchadiens vivant dans des logements construits en matériaux non durables.

 

Enfin,  la santé est l’un des secteurs prioritaires où l’Etat injecte des sommes faramineuses mais la population a trop de mal à se soigner. Le gouvernement a rendu gratuits les urgences, les accouchements  et les traitements antirétroviraux, la politique de recouvrement de coût. Mais les consultations, les produits génériques,  et la prise en charge sont payant, ce qui ne favorise pas les Tchadiens à faible revenu. Les produits pharmaceutiques coûtent  aussi très chers au point que beaucoup de gens se soignent dans les pharmacies de rue.

 

Devant cette vie chère,  le gouvernement tente d’agir mais les résultats sont bien maigres. Le fait de relever le salaire de ses agents, naguère payés au SMIG à 60 000FCFA, est comme un coup d’épée dans l’eau.  Les enseignants qui gagnent au-delà de 60 000 FCFA ont déclenché, lundi 15 février, une grève d’avertissement d’une semaine pour réclamer une augmentation de salaire.

 


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