Les députés français demandent que la lumière soit faite sur la disparition

 

 

ibnioumarmahamatsaleh.jpg Alors que l’on est sans nouvelles de l’opposant tchadien depuis février 2008, les députés français ont adopté ce jeudi 25 mars 2010, à l’unanimité, une résolution pour appeler les autorités françaises à faire tout leur possible pour que la lumière soit faite dans cette affaire.

 

Deux ans après sa disparition, le cas d’Ibni Oumar Mahmat Saleh a fait l’objet d’une audition à l’Assemblée nationale française.

 

«Je réaffirme que la France ne savait pas et ne sait toujours pas les circonstances de la disparition de Mr Saleh et seule l’enquête judiciaire pourra le déterminer…» Pour faire toute la lumière sur la disparition de l’opposant tchadien, comme le souhaite Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères, le Tchad a mis sur pied voilà deux ans une commission d’enquête. Cette dernière a recommandé de poursuivre les recherches et pour cela, de constituer un comité de suivi au sein duquel la représentation de la communauté internationale serait représentée.

 

Axel Poniatowski, le président de la commission des Affaires étrangères et membre de l’UMP, le parti de la majorité présidentielle, affirme: «Ce sont ces deux exigences, énoncées par la commission d’enquête qui fondent la démarche de nos collègues de l’opposition pour demander aux autorités françaises d’entamer des démarches pressantes aux autorités tchadiennes… »

 

Et cette résolution présentée par la gauche a d’ailleurs été votée à l’unanimité. La France continuera donc de demander aux Tchadiens de faire toute la lumière dans cette affaire… comme le reconnaît le ministre français des Affaires Etrangères «Exiger non, suggérer plus fortement oui, d’accord !» conclut Bernard Kouchner.

 


 

La Voix (OPINION) – Affaire de la disparition de l’opposant tchadien : Les député français votent à l’unanimité

 

Par Lucie Umukundwa

 

Deux ans après la disparition de l’opposant politique tchadien Ibni Oumar Mohamat, les député français ont voté à l’unanimité la résolution concernant l’affaire. La résolution demande au gouvernement français de tout mettre en oeuvre, pour que l’enquête menée sur la disparition de l’opposant politique tchadien puisse être désormais suivie par un comité composé non seulement de personnalités tchadiennes, mais aussi d’observateurs internationaux.

 

L’enlèvement de Mr Ibni avait intervenu en février 2008, lors de l’incursion des rebelles sur N’Djamena. Par Lucie Umukundwa, pour le site de la Voix.

 

« C’est en réclamant, ici à Paris, la justice et la vérité que nous pourrons l’obtenir là-bas à N’djamena », a déclaré le député français Gaëtan Gorce devant l’Assemblé Nationale. «Demander justice pour Ibni Oumar Mahamat Saleh n’est pas demander justice pour lui seul mais pour tous ceux et toutes celles qui, comme lui, ont été, sont, vont être victimes de l’arbitraire et de ses vieux complices : le cynisme, le mensonge, l’indifférence et peut-être plus encore le silence », avait ajouté le dépité qui a obtenu le gain de cause après le vote à l’unanimité des parlementaires français.

 

« Ce vote nous apporte pour la première fois une raison encore trop mince d’espérer que la vérité soit faite et que les coupables ne bénéficient d’aucune impunité », a affirmé Monsieur Gaëtan après le vote des parlementaires français.

 

Soucieux de l’interprétation au niveau locale de la résolution des parlementaires français, le Ministère des Affaires étrangères avait rappelé la souveraineté et l’indépendance du Tchad au cours de débat. Le ministre a d’ailleurs salué les progrès sur la voix de la démocratie et de la consolidation de l’Etat de droit avec les encouragements de la France. « Il ne faudrait pas que soucieux de voir éclore le débat au Tchad et sous couvert d’excellents sentiments nous nous en arrivions à galvauder les progrès effectués et accomplis dans ce pays » a ajouté le ministre des affaires étrangères pour décourager les dépités en faveur de la résolution la résolution.

 

Le ministère des affaires étrangères a affirmé que la France ne sait toujours pas les circonstances de la disparition de Mr Ibni Mohamat Salet et que seule l’enquête judiciaire pourra le déterminer. Et pourtant lors de l’interview avec le Président Idriss Déby a dit au Nouvel Observateur, le 23 octobre 2009 : « En pleine offensive, le 2 février vers 16 heures, l’aviation m’a annoncé qu’il y avait un attroupement extrêmement important de mercenaires devant la maison de Lol Mahamat Choua (ancien chef de l’Etat) et m’a demandé ce qu’elle devait faire. J’ai dit : s’il y a un attroupement, il faut tirer. Et j’ai ordonné aux unités qui étaient engagées de ce côté de la ville de se rendre sur les lieux. On m’a prévenu par radio qu’on avait trouvé M. Lol Mahamat Choua à l’extérieur de sa maison. J’ai dit prenez le. Et cela en présence de deux officiers français qui se trouvaient avec moi à la présidence ». Si deux officiers français étaient présents, comment est-il possible que la France n’ait pas su. Qu’elle n’est pas protégée l’opposant politique Ibni Oumar Mahamat Saleh ?

 

Le rapport de la commission d’enquête dans cet affaire avait établit les « responsabilités des forces de défense et de sécurité pour avoir commis des violations graves attentatoires à la dignité humaine et participé aux enlèvements de personnalités politiques et civiles ».

 

L’interview d’Idriss Deby au Nouvel Observateur prouve que l’ordre d’enlèvement a été décidé directement de la présidence en présence des officiers militaires français.

 

 

 



 

 

TchadActuel (OPINION)- Disparition d’Ibni Mahamat Saleh: Le dossier refait surface au Palais Bourbon

 

 

Par Abdou Karim Sawadogo

 

 

Depuis deux ans, la famille de l’opposant tchadien Mahamat Ibn Saleh attend, la mort dans l’âme, d’être située sur le sort de ce dernier, même si elle ne se fait pas d’illusions sur l’éventualité de le revoir en vie.

 

Arrêté par les militaires en même temps que deux autres opposants, Mahamat Soua et Ngarlejy Yorongar, alors que l’offensive des rebelles à Ndjamena, en février 2008, était à un doigt de renverser Idriss Deby Itno, lui n’aura pas la baraka de ses anciens compagnons d’infortune. Cette disparition quasi mystérieuse ressemble bien à celle du journaliste franco-canadien Guy André Kieffer dans un supermarché d’Abidjan en 2004.

 

En dépit des multiples actions de la France auprès des autorités ivoiriennes, la famille de ce confrère reste dans l’attente d’être fixée sur son sort pour éventuellement porter le deuil ; l’affaire impliquant la famille du président Laurent Gbagbo, elle ne pouvait qu’être un serpent de mer. Dans le cas qui nous occupe, la France a une responsabilité, du moins morale.

 

En effet, c’est connu que l’actuel maître de Ndjamena doit son salut à l’armée française, qui s’est impliquée à plusieurs niveaux : dans les renseignements et dans les combats aux côtés ses forces gouvernementales tchadiennes ; c’est d’ailleurs dans la foulée de cette percée de la rébellion que les militaires, aux ordres de Deby, ont procédé au kidnapping des hommes politiques cités plus haut.

 

 

Ayant été très près, sinon au centre des événements, les militaires français et la représentation diplomatique en savent tout ou presque en détail. Il faut donc saluer le rebondissement de l’affaire au palais Bourbon avec la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française, qui entend faire la lumière sur l’affaire Saleh.

 

C’est pourquoi elle a auditionné deux diplomates français : François Zimeray pour les droits de l’Homme et Bruno Foucher, Ambassadeur de France à Ndjamena, le mardi dernier, et compte déposer une résolution à l’Hémicycle pour demander au gouvernement français de veiller à ce que le comité de suivi de la Commission d’enquête fonctionne. Mais quelle incidence cette initiative, si noble, aura-t-elle sur le dossier ?

 

Elle occupera certes les parlementaires de l’Hexagone (ils sont bien dans leur rôle), pour un temps et fera l’actualité un moment avant de retomber dans l’oubli sur l’autel des intérêts franco-tchadiens. Déjà que les députés n’aient pu entendre, secret défense oblige, les militaires cités par la commission d’enquête ; eux qui sont des acteurs de terrain, ce ne sont pas les diplomates, habitués aux propos convenus, qui diront la réalité des faits.

 

En tous les cas, on ne peut pas chercher hors du palais de Deby le ou les auteurs de cet enlèvement. Celui qui détient le pouvoir au Tchad détient aussi la vérité sur cette affaire. Et comme toujours, les puissants du moment, surtout sous nos Tropiques, ne faisant rien qui leur déplaît, il est illusoire de penser que le pouvoir, sans y être contraint, laissera éclater la vérité.

 

Dans l’histoire, on peut citer le cas de l’empereur d’Ethiopie Haïlé Sélassié, déposé en septembre 1974 et dont la dépouille fut dissimulée sous les toilettes du palais par Mengistu Haïlé Maryam avant d’être découvert en 1992, un an après la chute de ce dernier. Vu que la France ne va pas bousculer le Tchad au regard de ses énormes intérêts, dont l’or noir, ce dossier risque de dormir dans les tiroirs aussi longtemps que Deby sera au pouvoir, et tant pis pour ceux qui ont faim et soif de justice.

 

 


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