Au Niger, fin de partie pour le «Vieux colonel» Tandja

tandja.jpgHier soir, le vieux galonné, Mamadou Tandja, semblait bien avoir perdu la main au Niger, pays où il a régné sans partage durant dix ans. Rondement mené par des officiers militaires, un coup d’Etat a mis hors course le président de ce pays pauvre du Sahel. Plusieurs sources faisaient état de son transfert dans un camp militaire hors de la capitale, Niamey.

Mamadou Tandja, ou l’histoire d’une dérive autoritaire. Élu à la tête de cette ancienne colonie française en 1999 et réélu à la régulière cinq ans plus tard, ce militaire de carrière, ancien ambassadeur et plusieurs fois ministre, a fini par n’en faire qu’à sa guise, se croyant indispensable à la bonne marche de son pays.

En 2007, face à une nouvelle rébellion touarègue dans le nord du pays, il a choisi la répression tous azimuts, balayant les nombreux appels au dialogue, dont certains émanaient de son propre camp politique. Durant des mois, il s’est acharné contre un correspondant de RFI, Moussa Kaka, coupable à ses yeux d’avoir eu des contacts avec les rebelles du MNJ (Mouvement des Nigériens pour la justice).

 

Soutenu par le colonel Kadhafi et par Pékin, qui guigne l’uranium présent dans le sous-sol du Niger, accaparé par la France durant des décennies, Mamadou Tandja a fait habilement monter les enchères, obligeant Areva à augmenter considérablement son prix d’achat. Mais le vieux colonel (71 ans) sait aussi se montrer pragmatique.

Début 2009, il octroie la concession de la mine géante d’Imouraren, dans le nord désertique du pays, à l’entreprise française, histoire de s’attirer les bonnes grâces de Paris, alors qu’il envisage déjà de rester au pouvoir à la fin de son second et théoriquement dernier mandat. Un tiers des centrales nucléaires d’EDF sont alimentées par du minerai extrait au Niger. Les Chinois, eux, n’ont pas tout perdu: ils se voient délivrer quantité de permis d’exploration.

C’est alors que Tandja, peut-être intoxiqué par son entourage familial, qui profite des largesses du pouvoir, perd toute retenue. Après avoir étouffé les rebelles touaregs, il décide de rester président coûte que coûte. Face à la levée de boucliers, il doit dissoudre l’Assemblée nationale et la Cour constitutionnelle, avant d’organiser un référendum sur mesure l’été dernier. La commununauté internationale condamne, mais laisse faire. Jusqu’ici, on pensait que ce militaire buté et rusé contrôlait tous les rouages de l’appareil militaire nigérien. Les événements d’hier ont démontré le contraire.

 


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