Niger – Qui arrêtera Tandja Mamadou? LE PRÉSIDENT NIGÉRIEN S’ARROGE DES « POUVOIRS EXCEPTIONNELS »

tandja.jpg La détermination du président nigérien à se maintenir au pouvoir au-delà des délais édictés par la Constitution est sans commune mesure. Débouté à deux reprises par la Cour constitutionnelle, dénoncé très massivement par la classe politique et la société civile nigérienne, lâché par ses alliés, mis en garde par la Cedeao, Mamadou Tandja n’en a cure. Sa dernière trouvaille (pour narguer ses détracteurs ?) est de prendre des « pouvoirs exceptionnels » et de gouverner désormais par décrets et ordonnances. L’Assemblée natioanale est dissoute le 13 juin, au lendemain du rejet par la Cour constitutionnelle du décret portant sur le référundum qu’il avait convoqué pour le 4 août.

Mamadou Tandja a annoncé qu’il allait recourir aux pouvoirs exceptionnels que lui confère l’article 53 de la Constitution. Dans un message radio-télévisé à la nation, le chef de l’Etat nigérien a estimé que « le gouvernement et le président sont contrariés dans leurs actions faute d’instruments juridiques« . Il va donc « utiliser tous les pouvoirs que lui confère la loi pour diriger correctement le pays et pour préserver l’intérêt supérieur du Niger« .

Une décision qu’a prise le président du Niger suite au rejet par la Cour constitutionnelle de sa requête. Le président Tandja avait, en effet, saisi cette instance pour lui demander de renoncer à son arrêt du 12 juin dernier annulant le décret sur le référendum.

La Cour a estimé que cette requête n’était autre qu’un recours contre l’arrêt. Or selon la Constitution, « les arrêts de la Cour s’imposent à tous et ne sont susceptibles d’aucun recours« .

Le Front de défense de la démocratie l’accuse de « coup d’État » suite au fait qu’il se soit arrogé ses « pouvoirs exceptionnels ». Les opposants qui dénoncent un viol de la constitution, appellent l’armée à désobéir au chef de l’État.

Âgé de 71 ans, Mamadou Tandja doit quitter son poste à la fin de cette année au terme de deux quinquennats consécutifs, mais il s’accroche au pouvoir.  Et à chaque fois que la Cour constitutionnelle se prononce en sa défaveur, il riposte à sa manière. Il avait dissous par décret le Parlement quand la Cour constitutionnelle s’était prononcé contre l’organisation d’un référendum visant à prolonger le mandat du président. Le 8 mai dernier, la Cour avait été saisie par vingt-trois députés de cette Assemblée.

Cette obstination à briguer un troisième contrairement à la Constitution lui a déjà valu un rappel à l’ordre de ses pairs de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). La Cedeao menace même le pays d’un blocus économique de la sous-région. Enfin, le 25 juin, la Convention démocratique et sociale, la Cds, principal allié politique du chef de l’État nigérien a annoncé qu’elle quitte le gouvernement en raison des lourdes divergences sur la question du référendum.

Seulement cet isolement progressif ne semble pas encore ébranler Tandja Mamadou. Jusqu’où ira-t-il ? La situation politique du Niger devient de plus en plus crispée et une menace de troubles sociaux est perceptible.

 


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